Le décryptage éco. Où va l'argent des radars ?

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Combien rapportent les radars et où va l'argent de vos contraventions ? La sécurité routière et le ministère de l'Intérieur donnent le détail dans un rapport. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

La sécurité routière et le ministère de l'Intérieur disent ce que rapportent les radars et où va l'argent des contraventions. Et contrairement à une idée reçue, l’État met beaucoup plus d’argent pour notre sécurité routière qu’il n’en gagne avec les radars automatiques.

Le différentiel est très important : les dépenses pour la sécurité routière sont quatre fois plus importantes que les recettes des radars. Pour la sécurité routière, savez-vous combien l’État a dépensé l’année dernière ? Sachant que par sécurité routière on entend l’entretien des routes, la signalisation, la modernisation du réseau mais aussi les campagnes de communication et l'envoi des lettres aux contrevenants. Il a dépensé plus de 3,5 milliards d’euros, alors que dans le même temps, il n’a empoché que 864 millions d’euros avec les contraventions des radars. 

Un rapport plein de surprises

En 2018, les 4 500 radars automatiques de l’hexagone ont moins rapporté à l’État que d’habitude. On n'a pas vu ça depuis leur apparition sur le bord des routes il y a près de 15 ans. Il faut dire qu’en 2017, les recettes avaient battu des records, elles avaient dépassé le milliard d’euros.

L’explication de ce manque à gagner est simple : les radars ont été la cible des "gilets jaunes". Ils ont été dégradés, vandalisés, cassés. Au plus fort de la crise, un radar sur quatre était hors service. Mais qu’à cela ne tienne, le gouvernement compte bien redresser la barre, en installant de nouveaux équipements. Du coup, d’ici l’année prochaine, attendez vous à voir sur le réseau routier 1 200 radars tourelles, ces radars qui s'élèvent à plusieurs mètres de hauteur, et donc plus difficiles à dégrader.  

L’argent des radars n'est pas dédié à la sécurité routière

C’est le paradoxe. Près de 80% des recettes des radars sont bel et bien affectés à la sécurité mais 20% servent à rembourser la dette de l'État. Cette proportion a d’ailleurs beaucoup augmenté, elle a doublé en un an à peine. Cette hausse dédiée aux remboursements de la dette fait évidemment bondir les associations et entretient l’idée que l’Etat se sert des radars pour renflouer les caisses.                   

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