Le décryptage éco. Mouvement des "gilets jaunes" : les syndicats vont-ils jouer l'apaisement ?

Les syndicats vont-ils jouer l'apaisement et suivre l'appel au calme du gouvernement ? Les leaders des grandes centrales se réunissent, ce jeudi 6 décembre, à Paris. Le décryptage éco de Fanny Guinochet ( l'Opinion).

Tous les grands leaders syndicaux se réunissent, ce jeudi 6 décembre, au siège de la CFDT. On pourrait se dire qu'il s'agit d'un premier geste. Mais, en réalité, cette réunion était fixée depuis longtemps. Dans le contexte, elle prend évidemment une tournure un peu particulière.Tous les syndicats nationaux représentatifs ont répondu présent, mais aussi Solidaires, la FSU, l’UNSA.

Doit-on s’attendre à une prise de parole commune, à l’issue de cette réunion, pour faire, par exemple, retomber la tension et appeler au calme ? Il y a peu de chances. Laurent Berger, le chef de file de la CFDT, est le seul à avoir très tôt prôné le dialogue, mais ses homologues n’ont pas suivi, malgré la gravité de la situation. Et a priori, il ne devrait pas, ce matin, y avoir de revirement. 

Chaque syndicat va continuer à jouer sa partition

Il faut dire qu’on est aussi en pleines élections professionnelles de la fonction publique, c’est d’ailleurs ce jeudi le dernier jour de vote, pour près de 5 millions et demi d’agents et de fonctionnaires. Et c’est un scrutin important pour la représentativité des centrales. On devrait d’ailleurs avoir les premières estimations en fin de journée ce jeudi ou vendredi matin, avant les résultats consolidés mardi 11 décembre.

La CGT et FO espèrent bien garder leur place, même si ces syndicats dits "contestataires" ne mobilisent plus comme avant. La CGT reste la première organisation dans la fonction publique et FO est également très bien placée. Les deux misent sur le fait que la colère ambiante leur sera plutôt favorable face à une CFDT dont l’ADN est de négocier et de trouver des compromis  

Les "gilets jaunes" se passent des syndicats

Le dégagisme est violent pour les centrales Elles ne savent pas comment se positionner. La CGT essaie de se raccrocher au mouvement des "gilets jaunes", mais sans grand succès pour le moment. Samedi 1er décembre, elle a appelé à manifester, mais elle a été très peu suivie et on n’a parlé que des "gilets jaunes". Le syndicat lance toutefois une nouvelle journée d’action le 14 décembre prochain.

Philippe Martinez, le leader de la CGT, espère tirer profit du chaos ambiant. Il n’est pas le seul à faire ce pari risqué. Force Ouvrière essaie aussi de tirer son épingle du jeu en ce moment, en portant par exemple le sujet des salaires mais l’organisation reste très affaiblie après l’affaire du fichier occulte de Pavageau. Les fédérations de routiers de FO et de la CGT appellent à la grève illimitée à partir de ce dimanche. 

La CFDT, quant à elle, veut croire en la responsabilité, elle refuse de participer au pourrissement de la situation, elle travaille notamment sur des mesures d’accompagnement pour les salariés qui doivent se déplacer pour aller travailler.

Le Medef cherche lui aussi une sortie par le haut

Et du côté des syndicats de patrons, ils estiment que la France est en "état d’urgence économique" suite aux blocages des "gilets jaunes". Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, planche lui aussi sur des solutions concrètes comme par exemple, une meilleure affectation de la taxe versement transport que paient les entreprises. Cette taxe rapporte 8 milliards d’euros par an. Cet argent pourrait participer à financer une indemnité kilométrique.        

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