Le décryptage éco. L’Europe unie pour adopter des mesures de rétorsion contre Washington

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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait dit que si les États-Unis instauraient des barrières, les Européens se montreraient "aussi stupides qu'eux".

L’Europe vient de se mettre d’accord sur la façon de riposter à la décision de Trump qui a imposé, début juin, des droits de douane sur l'acier et l'aluminium européen. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait dit que si les États-Unis instauraient des barrières, les Européens se montreraient "aussi stupides qu'eux". Cela semble chose faites : les 28 États membres de l'Union européenne se sont mis d’accord pour adopter des mesures de rétorsion contre Washington. La décision a été prise à l’unanimité et, pour une fois, l’Europe est unie et les contre-mesures pourraient entrer en vigueur le 20 juin.

Concrètement que va-t-on faire ?

Certains produits américains que l’on importe des États-Unis seront lourdement taxés. Il s’agit entre autres, des jeans, du bourbon, des haricots, du maïs, des airelles, du jus d'orange, du beurre de cacahuètes, des cigares, des cigarettes. Mais aussi des motos américaines, comme les Harley’s... etc etc Cette liste des produits ne s’est pas faite au hasard : ce sont des produits de consommation courante, populaires, prisés par les européens qui sont tous fabriqués dans des États américains, souvent agricoles, et dont la plupart ont voté pour Donald Trump en 2016. Si économiquement, l’incidence peut être limitée symboliquement, c’est un avertissement.

N’y aurait-il pas un risque d’escalade ?

D’autant que cette réplique européenne est une première salve. Ces mesures visent à compenser à hauteur de presque trois milliards d'euros les dommages que vont causer les taxes américaines à l’industrie américaine. Mais, on est encore loin des cinq milliards d'euros d'acier et du milliard d'euros d'aluminium que l'Union européenne a exporté vers les États-Unis en 2017. C’est pour cela que d'autres produits américains pourraient être rajoutés à la liste prochainement et être également taxés par l'Union européenne, à hauteur de plus de 3,5 milliards d'euros.

L'Allemagne s'inquiète

D’ailleurs, outre l’acier et l’aluminium, les États-Unis vont, eux aussi, de leur côté, rajouter des produits : Trump a dans le viseur les voitures importées d’Europe (les États-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures). Aussi, l'Allemagne est particulièrement inquiète car elle vend beaucoup de voitures sur le marché américain. Aujourd’hui, l’Europe bénéficie de droits de douanes spécifiques, mais Washington a déjà fait savoir que cela n’allait pas durer et que les taxes douanières allaient être rehaussées. Donc, oui, la guerre commerciale est loin d’être finie.

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