Le décryptage éco. Les robots vont-ils remplacer nos emplois ?

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Il y a de plus en plus de robots dans la médecine, l’industrie, les transports, les supermarchés. Les robots vont-ils remplacer nos emplois ?

Vous avez été bluffés, comme moi, par ce robot humanoïde YuMi, qui a dirigé l'orchestre philharmonique de Lucca il y a quelques jours, volant même la vedette au ténor Andrea Bocelli. C’est dire les progrès rapides des robots et de l'intelligence artificielle.

Pourtant, un rapport de la Cnuced - le département de l'ONU chargé du commerce et du développement – qui vient de paraître relativise le phénomène. Il comptabilise moins de 2 millions de robots en service dans le monde. Ils sont surtout dans l’automobile, l’électrique, l’électronique ou la chimie. Et concentrés dans quelques pays. Presque la moitié des robots sont au Japon Mais aussi aux États-Unis, en Corée du sud, et en Allemagne.

Plus de robots mais pas forcément moins d'emplois

Et justement, ces pays affichent des taux de chômage très bas. Preuve que mécanisation ne rime pas forcément avec moins d’emplois. Et en France, on en est où ? Dans l’industrie, il y a un robot pour 10 000 employés C’est quatre fois moins qu'en Corée du Sud. Chez nous, le développement de la robotisation n’est pas très rapide. Quant à l’impact sur l’emploi, on se réfère souvent à une étude de l’OCDE -l’Organisation de coopération et de développement économique- qui estime que dans les dix ans sous l’effet des mutations technologiques, environ 10 % des emplois seront menacés.

Mais si les robots suppriment des jobs, ils en créent aussi de nouveaux, -entre 10 et 15 %- et surtout ils transformeront notre manière de travailler. D’où la nécessité, selon la ministre du Travail qui cite souvent ces chiffres, de mener une réflexion sur les emplois de demain et la formation car on n'est pas tous égaux devant les robots.

Besoin de formation, et de taxes ?

L’automatisation risque d’amplifier les inégalités entre les travailleurs. 40 % de ceux qui n’ont pas le bac occupent des postes menacés par les machines, contre 5 % seulement des diplômés. En fait, le robot est le meilleur ami de l’ouvrier qualifié, il rend son travail moins pénible. Mais il risque de supprimer les postes en bas de l’échelle. Ca risque aussi de creuser les inégalités régionales, car les emplois les plus qualifiés se concentrent dans les grandes villes.

D’où l’idée, pour corriger ces différences, de taxer les robots. Vous vous souvenez, Benoit Hamon, pendant la campagne présidentielle, voulait financer son revenu universel par ce biais. Et Bill Gates, le fondateur de Microsoft, est lui aussi favorable à une taxe de ce type pour aider ceux qui perdent leur job à se reconvertir

Le chiffre du jour

-0,7 % : c'est le recul des ventes de cigarettes, sur les huit premiers mois de cette année. Preuve que le paquet neutre qui est entré en vigueur en janvier dernier n'a pas encore fait son éventuel effet.