Le décryptage éco. Les retombées économiques de la Fashion Week

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La Fashion Week, c'est le rendez-vous de la mode et elle se déroule cette semaine à Paris. 400 défilés ont lieu dans de nombreux endroits parisiens. La mode, c’est un million d’emplois en France. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

En ce moment, c’est la Fashion Week à Paris. Un évènement aux retombées économiques importantes. On estime que chaque année la Fashion Week de Paris génère entre un milliard et un milliard et demi d’euros. Les défilés s’enchaînent – plus de 400 – mais aussi les présentations de collections pour donner la tendance de l’année suivante, en l'occurrence le printemps-été 2019 .Toutes les grandes maisons étrangères et françaises sont représentées, les professionnels sont réunis. À cette occasion, les marques chouchoutent leur  "KOL", comme elles les appellent : c’est à dire leur "Key Opinion Leaders", leurs clients et influenceurs clefs. Pour cela, elles ne lésinent pas sur la dépense, les défilés se transforment en spectacles démesurés ! Et pour cause, on estime qu’à cette occasion les ventes de vêtements et pièces de couture dépassent les 10 milliards d’euros. Bref, la Fashion Week génère de l’activité économique, dope les réservations d’hôtels, les courses de taxis et remplit les restaurants.

Paris s’affirme comme capitale du luxe

Les grandes marques françaises veulent asseoir leur puissance chez elles. 
Chacune réserve d’ailleurs longtemps à l’avance son lieu de défilé : Chanel est traditionnellement au grand palais, Vuitton au Louvre et cette année, on a attendu de savoir où se déroulera vendredi soir le défilé d’Heidi Slimane, le créateur de la marque Céline, filiale de LVMH. C’est l’évènement phare de cette Fashion Week. Ce sera à l'hôtel des Invalides. Céline a entretenu  le suspense car cela fait aussi monter les enchères. Derrière la mise en scène, il y a évidemment de gros enjeux financiers : Céline qui fait déjà presque un milliard d’euros de chiffre d’affaires ambitionne de doubler ou tripler la mise en quelques années. Signe aussi que la place parisienne est très prisée. Gucci fait cette année son entrée avec un défilé parisien. Elle vient défier ses concurrents sur leur terrain. 

Cocorico ! la mode reste un fleuron français

La mode, c’est un million d’emplois en France et aujourd’hui, l’industrie du luxe, de la mode et de la maroquinerie pèse plus lourd à l’export que l’automobile et l’aéronautique réunis. Les prévisions du secteur sont très bonnes, avec une croissance à deux chiffres tirée entre autre par LVMH dirigé par Bernard Arnault, l’homme d’affaires le plus riche de France. Première capitalisation boursière, LVMH n’en finit pas de battre des records

Mais derrière les paillettes, l’envers du décor n’est pas toujours réjouissant. Il faut espérer que l’ambiance festive et glamour de Fashion Week de Paris ne tournera pas court. Comme celle de Milan, ternie par des révélations sur des couturières sous-payées, sans contrat de travail, dans les Pouilles, en Italie du sud. Les marques disent toutes faire des efforts pour éviter ces conditions de travail dramatiques notamment dans leurs ateliers de fabrication dans les pays émergents. Pour être plus éthiques, certaines ont aussi pris des engagements : Kering et LVMH ont promis de ne plus recourir à des mannequins trop maigres ou âgés de moins de 16 ans.

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