Le décryptage éco. Les Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence recherchent de nouvelles formes de prospérité

Jusqu'au dimanche 9 juillet, les 17e Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence partent à la recherche de nouvelles formes de prospérité, partagées par un plus grand nombre.

Les 17e Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence se tiennent du vendredi 7 au dimanche 9 juillet dans la cité du Roy René. Des économistes, chercheurs, scientifiques, politiques et syndicalistes s'y retrouvent chaque année pour réfléchir aux grands débats de société. Thème traité lors de l'édition 2017 : "A la recherche de nouvelles formes de prospérité".

Organisées par le Cercle des économistes, qui regroupe une trentaine de membres de tous horizons politiques, les Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence pourraient ressemblent à un Davos à la française. La différence est de taille : le rendez-vous de Davos, qui se déroule dans les Alpes suisses en janvier, constitue de l’entre soi du business en circuit fermé. À l’opposé, les Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence sont ouvertes au grand public. Pendant trois jours, 240 conférenciers, universitaires, chefs d’entreprises et politiques, venus d’une quarantaine de pays, confrontent leurs analyses.

Le G20 en toile de fond

Ces Rencontres Economiques se tiennent parallèlement au sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne. Les deux rendez-vous interviennent dans un contexte de fortes tensions sur les questions du réchauffement climatique ou de l’avenir du libre-échange depuis l’élection de Donald Trump. Jean-Hervé Lorenzi, le président du Cercle des économistes, reconnaît que les réflexions du week-end aixois feront forcément écho à ce qui se dira outre-Rhin. Plusieurs intervenants feront d’ailleurs directement le déplacement de Hambourg.

Les questions sont nombreuses : Le protectionnisme protège-t-il réellement ? La croissance détruit-elle la planète ? Faut-il renoncer à la mondialisation ? Jamais le monde n’a été aussi incertain et il apparaît plus que nécessaire de replacer l’économie dans une perspective humaine, au vrai sens du terme. C’est tout l’objet de la réflexion.

Comment agir concrètement ?  

Des questions découlent les réponses. Par exemple, tout doit-il reposer aujourd’hui sur la croissance économique, le fameux PIB ? Ne faut-il pas intégrer plus de facteurs qualitatifs, considérer d’autres éléments comme les inégalités, la lutte contre la pauvreté et la face cachée de la révolution numérique, avec ses avantages et ses inconvénients ? Par ailleurs, le mot fracture revient souvent. Ces dernières années, l’accroissement des richesses s'est accompagné d'une hausse des inégalités, d'une destruction accélérée de l’environnement et d'une instabilité financière grandissante.

Comme le déclare Marie Ekeland, une jeune "capital-risqueuse", créatrice d’un fonds d’investissements dans les start-up, ce n’est pas le fait d’optimiser un PIB ou un PNB qui rend les gens heureux. Ces derniers attendent qu’on leur donne les moyens de réaliser leurs objectifs. Cela passe par l’éducation, la formation, la culture et la finance qu’il faut utiliser à bon escient pour atteindre ces objectifs. Là, se situent réellement les nouvelles formes de prospérité.