Le décryptage éco. Les prévisions d’embauches n’ont pas été aussi hautes depuis dix ans

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Bonne nouvelle du côté de l’emploi : selon Pôle emploi, les prévisions d’embauches n’ont pas été aussi hautes depuis dix ans. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

2019 année record avec 2,7 millions de prévisions d’embauches. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle sur les besoins de main-d’œuvre de Pôle emploi. Il apparaît qu’il faut s’attendre à 350 000 projets de recrutement supplémentaires par rapport à l’année dernière. Ce sont surtout les petites entreprises – celles qui ont 50 à 200 employés – qui manquent de bras et vont lancer des processus de recrutement. Toutes les régions sont concernées, mais pour une fois l’Île-de-France n’est pas en tête, ce sont les Pays-de-la-Loire, la Normandie et les Hauts-de-France qui tiennent la corde.  

Tous les secteurs devraient recruter

Le commerce, l’agriculture, l’informatique, tous les secteurs en fait, même l’industrie qui a plutôt eu tendance à supprimer des emplois cette dernière décennie va beaucoup recruter. Des carrossiers, des mécaniciens, des chaudronniers, des chauffagistes, des soudeurs également mais les activités les plus en recherche de main-d’œuvre dans les prochains mois seront la construction qui recueille à elle seule un quart des d’intentions d’embauche. Ou encore ce que Pôle emploi appelle "les services aux entreprises" qui comprennent, par exemple, les métiers d’assistants, de standardistes, d’agents d’entretien mais aussi les services à la personne, c’est-à-dire les soignants, les aides à domicile... Enfin, l’hôtellerie et la restauration, où on manque de serveurs ou de cuisiniers.   

Il existe également des secteurs où l’on utilise beaucoup de contrats courts qui parfois ne dépassent pas une journée et ce sont justement ces filières qui sont prioritairement visées par la mise en place d’un bonus-malus, ce dispositif qui a pour objectif d’inciter les employeurs à recruter plus en CDI sans quoi ils paient des cotisations très élevées. En attendant, les employeurs interrogés disent quand même que 65% des projets de recrutements devraient  déboucher en CDI ou en CDD de plus de six mois.   

Un employeur sur deux anticipe des difficultés de recrutement

Même avec ces prévisions records, il n’est pas garanti que le chômage baisse de façon importante. Parce que plus d’un employeur sur deux pense qu’il va avoir du mal à recruter. La grande majorité s’attend à des problèmes d’inadéquation entre les postes proposés et les profils des candidats  à cause du manque d’expérience, de formation, de compétence, parfois aussi du manque de motivation, etc. Un tiers d’entre eux anticipe des difficultés d’embauche à cause des conditions de travail proposées, des horaires, de la pénibilité du travail, des problèmes de transports et de déplacements.  

Effet sur le chômage ?

C’est tout le paradoxe. La France affiche un taux de chômage encore très élevé : 8,8%, les entreprises ont des besoins croissants et pourtant, on n'est pas sûr que la rencontre ait lieu ! Soyons toutefois optimistes, un employeur sur deux est prêt à faire des efforts pour rendre le job plus attractif. La moitié d’entre eux est aussi disposée à former des salariés déjà présents dans l’entreprise, Mais un tiers envisage aussi de sous-traiter une partie de son activité, voire de délocaliser, s’il ne trouve pas la main-d’œuvre qu’il lui faut dans l’Hexagone.

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