Le décryptage éco. Les livrets A débordent, et ce n'est pas forcément bon signe

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Les Français ont déposé 31 milliards d’euros sur les livrets A depuis le début de l’année. Du jamais vu depuis presque 10 ans. Bonne ou mauvaise nouvelle pour l’économie ? Le décryptage de Fanny Guinochet

Les Français continuent de remplir leurs livrets d’épargne et notamment le livret A. A priori, on pourrait penser qu'autant d'épargne, c'est bien. Ça veut dire que les Français ont suffisamment de marge dans leurs budgets pour épargner chaque mois; Mais en réalité, c’est plutôt mauvais signe parce que cela souligne l’inquiétude des ménages qui anticipent des lendemains difficiles, des baisses de revenus, des pertes d’emploi. Et se constituent donc des "bas de laine", c’est ce qu’on appelle de l’épargne de précaution. Ces derniers mois, c’est très marqué, les Français ont déposé beaucoup plus d’argent qu’ils n’en ont retiré sur leurs livrets A et leurs livrets de développement durable (LDD). Résultat : la somme totale placée sur ces deux livrets dépasse aujourd’hui les 442 milliards d’euros soit un niveau inédit.

De l'argent inactif

Le livret A n’est pas très rémunérateur avec un taux à 0,5%. Il est défiscalisé, on peut facilement reprendre son argent en cas de besoin, et puis c’est un placement sécurisé, contrairement à la bourse qui, en ce moment, est très volatile. Même l’assurance vie, d’habitude très appréciée, a moins la cote en période de crise. Potentiellement plus rémunératrice, elle est aussi plus risquée.

Le problème, c’est que ces milliards d’euros épargnés sur les livrets pénalisent l’économie. C’est de l’argent inactif, qui ne circule pas, qui ne stimule pas la production, ne crée pas d’emplois. Mais en ce moment, ce n’est pas d’épargne dont nous avons besoin pour notre économie mais bien d’investissements et de consommation.  

Le gouvernement encourage les Français à investir. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a une quinzaine de jours, il a annoncé qu’il autorisait la Caisse des dépôts et consignations – le bras armé de l’État qui gère ces livrets – à faire évoluer les conditions de crédit. Bercy veut que cet argent stocké soit injecté dans la relance, qu’il serve à construire des ponts, des logements, des pistes cyclables, des équipements de santé…Que cette épargne finance une partie du plan de relance.

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