Le décryptage éco. Les Français ont adopté le numérique, pas la France

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Les Français sont clairement en avance sur les politiques, les institutions et même les entreprises françaises en matière de numérique, selon une étude réalisée par Google et un cabinet de conseil. 

Vous connaissez le fameux adage, "quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console". Cet adage s’applique parfaitement au résultat de l’étude réalisée par Google et le cabinet de conseil Roland Berger, qui avait pour ambition de mesurer et d’évaluer notre conversion au numérique. Les conclusions sont encourageantes :  les Français sont parmi les plus actifs en Europe pour vendre ou pour acheter sur Internet. Le site le Bon Coin, par exemple, est une énorme réussite française. La France est le 2ème marché européen de l’e-commerce.

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Les Français sont également nombreux à utiliser les fameuses plateformes numériques de mise en relation : les Français ont adopté en masse l’auto-partage, avec BlablaCar, par exemple, ou les plateformes de location de chambres ou d’appartements, comme AirBnb, dont la France est le deuxième marché derrière les Etats-Unis. C'est un succès incroyable. En Europe, les Français sont avec les Anglais ceux qui se sont le plus massivement et le plus rapidement convertis au numérique.

Les entreprises en retard

Les sociologues disent souvent que la société française est en avance sur les politiques et les entreprises. C’est exactement ce qui se passe pour le numérique. Les entreprises françaises sont dans la moyenne basse européenne. Elles ont encore tendance à adopter une attitude attentiste par rapport aux souhaits des internautes. Les services proposés sont en moyenne assez faibles ou limités par rapport à ce qui se pratique en Europe.

Le constat est sans appel : les entreprises françaises ne se sont pas encore assez saisies de la transformation numérique. Notamment en ce qui concerne la relation client : la France est très en retard par rapport à l’Allemagne ou au Royaume-Uni. Ce retard s’illustre aussi par le fait que la France est connue dans le monde pour la vitalité de ses start-up et la qualité de ses ingénieurs. Mais, faute de capital disponible, la France ne sait pas faire grandir ses entreprises. Conséquence, sur les 100 premières capitalisations boursières dans le numérique, aucune n'est française. 

L'État accumule aussi du retard

On peut ajouter que du côté de l’État, la situation est préoccupante : même si les choses ont commencé à bouger, la numérisation de notre administration reste un chantier colossal. Il y a donc un vrai décalage entre l’appétit des Français pour le numérique, et l’adaptation des entreprises et de l’État qui résistent plus ou moins ou avancent à toute petite vitesse. 

Un problème de formation

C’est ce que montre clairement l’étude Google/Roland Berger. Il y a aujourd’hui, presque partout, des emplois qui ne sont pas pourvus parce que les entreprises ne trouvent pas les bons profils. Les auteurs de l’étude ont ainsi regardé les profils les plus demandés sur le réseau social professionnel Linkedin : on manque de développeurs logiciel, de développeurs web, d’ingénieurs en système d’informatique, de graphistes, et plus encore d’experts en data.

Nous n’avons pas assez de formation pour ces métiers-là. C’est l’un des points les plus urgents pour accélérer la mutation numérique de la France. Et l’étude le démontre clairement, il y a au minimum des dizaines de milliers d’emplois et près de 10 points de croissance potentielle pour les années qui viennent. Vous voyez, nous ne sommes pas tout à fait dans la fin du travail.