Le décryptage éco. Les Français et l'économie : enfin du neuf

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Vincent Giret dévoile nous ce mardi en avant-première un sondage sur le rapport des français à l'économie. Et il y a quelques surprises.

Vincent Giret dévoile nous ce mardi en avant-première un sondage sur le rapport des Français à l'économie. Et il y a quelques surprises.

Le premier enseignement apporte un démenti massif à une idée reçue et à ceux qui pensaient encore que les Français étaient rétifs à l’économie, et qu’ils ne s’intéressaient guère à cette discipline perçue comme trop austère, trop hermétique et trop abstraite. Pas du tout, en fait. Près 80% des Français affirment au contraire s’intéresser à l’économie, selon une étude Ipsos, réalisée pour Lire l’économie et Le Monde, à l’occasion de la remise du livre d’économie de l’année  mercredi 14 décembre. Ce chiffre, 80%, c’est un signe d’intérêt très fort, bien supérieur au score que fait la politique de notre pays, l’intérêt des Français pour la politique est tombé sous la barre des 50%, la méfiance.

Les Français sont aussi très nombreux, 71%, à réclamer plus d’heures d’enseignement de l’économie à l’école, collèges et lycées. Et les Français sont aussi nombreux à penser que nos hommes politiques n’écoutent pas assez ou pas bien les économistes. Alors, nuançons quand même le tableau, les économistes comme tous les experts dans ces temps troublés n’ont pas bonne presse : plus de deux Français sur trois ne leur font pas confiance, pas plus pour travailler de manière objective et sans parti pris, que pour améliorer la situation économique du pays.

Les Français sont plus libéraux qu'avant dans l'ensemble

L’intérêt des études réalisées chaque année depuis un certain temps, c'est de pouvoir mesurer des évolutions sensibles de l’opinion. D’abord, premier point important, les Français sont désormais majoritairement libéraux : ils sont 58% à affirmer qu’il faut donner plus de liberté aux entreprises et limiter le rôle de l’Etat. C’est un bon de huit points en seulement deux ans. C’est tout à fait spectaculaire. Ils sont aussi nombreux à estimer qu’il faut diminuer les dépenses publiques et réduire le nombre de fonctionnaires pour limiter les déficits et l’endettement. Là aussi, c’est tout à fait spectaculaire. Même si ça n’empêche pas les français dans le détail, d’exprimer des points de vue en apparence contradictoire, en estimant par exemple que c’était bien à l’Etat de sauver l’usine Alstom à Belfort. Les Français demeurent globalement très attachés à l’Etat. Mais aujourd’hui, ils semblent vouloir à la fois mieux d’Etat, un État qui doit assurer des protections, et en même temps, plus de marché, plus de flexibilité, plus de liberté et une meilleure gestion des comptes publics.

De moins en moins de français voient la mondialisation comme une menace

Est-ce que la mondialisation est une menace ou une opportunité ? Pour une majorité de Français, 54% exactement, elle demeure une menace, mais ce qui est intéressant c’est que c’est 5 points de moins qu’il y a 4 ans. Donc de plus en plus de Français considèrent la mondialisation comme une opportunité, malgré la crise. Et dans le contexte actuel de cette mondialisation, faut-il se protéger de la concurrence étrangère, se méfier du libre échange, et prendre des mesures à caractère protectionniste : là, c’est à peu près 50/50, avec un léger avantage en faveur de protections plus fortes. Au total, même si il y a toujours plus de pessimisme qu’ailleurs, les Français sont plutôt très lucides et nuancés, à la fois sur l’état de notre économie et sur le moment de la mondialisation qui présente effectivement autant d’opportunités que de menaces.

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