Le décryptage éco. Les effectifs de l'État ont encore augmenté en 2018

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La Cour des comptes a rendu hier son rapport sur l'exécution du budget 2018. Elle pointe une hausse de 2% des dépenses des effectifs de l'Etat l’année dernière. Le signe que le gouvernement n’a pas tenu ses engagements ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

La Cour des comptes a rendu mercredi 15 mai son rapport sur l'exécution du budget 2018. Elle pointe une hausse de 2% des dépenses des effectifs de l'Etat l’année dernière.

Emmanuel Macron avait promis pendant la campagne de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat. Promesse enterrée il y a trois semaines par le Président lui-même lors de sa conférence de presse. Mais quand on lit le rapport de la Cour des comptes, on voit que cet objectif était déjà bien compromis. Prenons la fonction publique d’Etat : Emmanuel Macron avait prévu 50 000 postes en moins pendant son mandat. Rien qu’en 2018, l’État en a créé 206 en plus ! Alors qu’il en avait pourtant budgété cette année 324 en moins.

Des hausses surtout dans l'Education nationale

Selon la Cour des comptes, cela tient notamment à une hausse des effectifs dans l’Education nationale : il y a eu 839 emplois supplémentaires. Des embauches pour compenser trop de départs à la retraite. Il a fallu compenser surtout avec l’instauration du dédoublement des classes de CP dans les zones difficiles. Et c’est très difficile politiquement de supprimer des postes d’agents publics, surtout à un moment où les citoyens demandent plus de services publics, comme on l’a vu dans le mouvement des "gilets jaunes".  

Mais il y a des quelques endroits tout de même où il y a eu des suppressions de postes, comme au ministère des finances. Et l’administration fiscale a, pour le coup, plus sabré dans ses effectifs qu’elle ne le prévoyait. Il a eu 452 suppressions de postes supplémentaires et cela va continuer avec le prélèvement à la source. Mais Bercy, c’est un peu l’exemple que l’on donne tout le temps, cela tient à la numérisation réussie. Globalement, dans son rapport, la Cour met en garde le gouvernement sur le risque de dérapage qui va en résulter pour les finances publiques. Elle appelle les autres administrations publiques à faire des économies pour réduire le budget de l’État.  

Des dérapages financiers pour la police et gendarmerie

La Cour note qu’en 2018, il y a eu les débuts "du plan de création de 10 000 postes" dans la police et la gendarmerie et rappelle qu’avec la crise des "gilets jaunes", le gouvernement a cédé aux syndicats de gardiens de la paix. Un protocole avait été signé fin décembre pour des primes, soit 110 millions d'euros supplémentaires. Globalement, pour la Cour des comptes, ces recrutements mais aussi les revalorisations salariales, les heures supplémentaires etc, sont coûteuses même si certaines mesures ont été décidées sous Hollande. La Cour s’inquiète du dérapage financier en matière de sécurité intérieure. Elle calcule que cela pourrait dépasser le milliard d’euros de dépenses en plus en 2020, par rapport à 2018.

Mais cela n’empêche : la Cour donne globalement plutôt un bon point au gouvernement, puisqu’elle dit qu’en 2018, l’exécution des dépenses a été mieux maîtrisée que ces dernières années. Notamment grâce à une programmation "plus sincère" des dépenses.

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