Le décryptage éco. Le train des primeurs va de nouveau rouler, mais jusqu’à quand ?

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Le "train des primeurs" va finalement reprendre du service le mois prochain. La question est de savoir si ce train, présenté comme vertueux sur le plan écologique, sera enfin rentable sur le plan économique. 

Dès décembre, le train des primeurs reliant Perpignan au marché de Rungis, dans le Val-de-Marne, près de Paris va reprendre. Il avait été suspendu en juillet dernier faute de clients. La question est de savoir si ce train, présenté comme vertueux sur le plan écologique, sera enfin  rentable sur le plan économique. 

Lors de sa création en 1986, le train des primeurs permettait de transporter par le rail tous les jours, du Sud vers la région parisienne, l’équivalent de cinquante camions chargés de fruits et légumes (1 200 tonnes de marchandises). Pour justifier la suspension de la ligne, le gouvernement avait alors invoqué la diminution du volume de marchandise transportée – sur la fin, le train roulait à vide – et clairement une dégradation de l’offre par la SNCF : délais allongés, wagons frigorifiques dégradés, grèves des cheminots pénalisant les entreprises clientes qui avaient fini par fuir face à l’augmentation des tarifs d'un modèle économique tournant en pures pertes.

À quoi va ressembler la nouvelle formule ?

Le train ne reliera plus directement Perpignan à Rungis mais à la plateforme multimodale, toute proche, de Valenton (Val-de-Marne). Et l’opérateur ne sera plus directement la SNCF mais l’entreprise Novatrans, spécialiste du transport combiné, dont la SNCF est en partie actionnaire. La nouvelle offre est censée mieux répondre à la demande des clients qui souhaitent aujourd’hui acheminer une part importante de leurs marchandises directement dans les grandes surfaces plutôt qu’à Rungis. La solution retenue combine le chargement de caisses de camions (containers), ou de camions entiers, sur les wagons du train auxquels seront ajoutés les anciens wagons frigorifiques dont la moitié a été rénovée.

Modèle économique à prouver

À croire tous les protagonistes, il s’agit d’une victoire pour tout le monde : clients et environnement. Pour les élus locaux, dans le sud-ouest, la réouverture de cette ligne montre que ce n’est pas uniquement la rentabilité financière qui est recherchée mais bien un modèle écologiquement vertueux. Il va quand même falloir prouver la viabilité du modèle économique de cette ligne, et la valoriser dans les deux sens, sud-nord et nord-sud, pour que le convoi ne redescende pas à vide. D'autant que, le fret n'étant plus la priorité de la SNCF, loin s'en faut, ce train des primeurs est voué à être géré, à terme, par des opérateurs totalement privés qui aiment tout, sauf le non-sens économique.  

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