Le décryptage éco. Le tourisme affecté par la crise des "gilets jaunes"

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Selon l’Insee, la fréquentation des hôtels et des résidences a diminué en France lors du premier trimestre. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

La baisse de la fréquentation dans les hôtels et les résidences est de 2,5% ces trois premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2018. Pour l’Insee, pas de doute, c’est dû au mouvement social des "gilets jaunes". Les manifestations chaque samedi ont dissuadé des touristes étrangers de venir dans l’Hexagone : le recul est de presque 5% pour la clientèle internationale, avec des annulations très fortes du côté des Asiatiques. Mais, les Français eux mêmes ont moins voyagé dans le pays entre janvier et mars. La baisse est de 1,5%.

Le coup de frein est réel. Et on le ressent d’autant plus qu’il vient après de très bonnes années. 2017 et 2018 avaient même été d’excellents crus. Après les années noires qui ont suivi les attentats terroristes de 2015 et 2016, les indicateurs étaient repartis au vert. Les professionnels parlaient de renouveau. L’année dernière, la fréquentation touristique avait ainsi atteint des records : il y avait eu 438 millions de nuitées en France, 90 millions de visiteurs. Les Américains étaient venus plus nombreux et les Japonais aussi. La destination France avait le vent en poupe… c’était sans compter sur la crise des "gilets jaunes".  

Paris particulièrement touchée

Personne n’est épargné mais Paris et ses alentours sont particulièrement affectés parce que la capitale est en première ligne dans les manifestations de "gilets jaunes". L’Insee note toutefois une exception : les stations de ski, qui ont attiré plus de touristes étrangers que les années précédentes. La hausse est de 4,2%. Elle a un peu compensé l’absence des Français, qui eux sont moins allés aux sports d’hiver. Ils ont plus souvent opté pour des séjours en bord de mer, sur le littoral, attirés selon l’Insee par les bonnes conditions météo du début d’année. Sachant que parmi les équipements, ceux qui s’en sortent le mieux sont les hôtels haut de gamme. Les une et deux étoiles, les auberges de jeunesses, ou encore les résidences de tourisme voient leur fréquentation dégringoler. Globalement, c’est morose.  

Une mauvaise nouvelle pour notre économie

Le tourisme reste un de nos meilleurs atouts. La France est encore la première destination touristique mondiale, le secteur génère près de 8% de notre PIB. Il représente plus de deux millions d'emplois directs et indirects. Autant dire que la filière est vitale pour notre économie. Un rapport du Conseil mondial du voyage et du tourisme publié l’année dernière estimait d’ailleurs que le poids du tourisme allait encore beaucoup augmenter ces dix prochaines années. D’ici 10 ans, il devrait représenter plus 10% du PIB, et le nombre d’emplois de la filière dépasser les trois millions. À condition bien évidemment que la crise sociale se tasse.

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