Le décryptage éco. Le plan de relance du gouvernement est-il "macho" ?

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Selon une étude de la Fondation des femmes, le plan de relance du gouvernement oublie largement les femmes. Le décryptage éco de Fanny Guinochet. 

Un rapport de la Fondation des femmes dénonce les inégalités du plan de relance du gouvernement. L'étude se base sur une série d’indicateurs de l’Insee, de divers observatoires et du ministère de l’Économie.

Le premier d’entre eux concerne le type de secteur sélectionnés par le gouvernement pour la relance. Ces filières d’avenir absorbent 35 milliards d’euros du plan. Selon l'étude, sur ces 35 milliards d'euros, à peine 7 sont dédiés à des emplois occupés par des femmes. L’essentiel du plan est capté par l’industrie qui, malgré ses efforts, reste très masculine. Parmi les secteurs soutenus : la filière hydrogène, le développement des batteries électriques, le numérique, l’intelligence artificielle mais aussi la transition écologique. Or selon l’étude, les emplois dits "verts" concernent à peine 16% de femmes. D’où des inégalités très fortes, et un véritable risque de déclassement pour les femmes. Elles sont pourtant les plus pénalisées par la crise, puisqu’elles ont deux fois plus de risques de perdre leur emploi.

Les femmes très représentées dans les métiers essentiels

Les femmes assurent des postes essentiels : l’étude rappelle que 87% des infirmiers, 91% des aides-soignants et 76% des agents de caisse sont des femmes. Avec la crise, elles doivent aussi assumer, plus encore qu’avant, une avalanche de tâches ménagères.

Lors du premier confinement, 40% d’entre elles ont consacré plus de quatre heures par jour aux enfants, soit le double des hommes. Pour assurer le suivi de l’école à la maison, 21% se sont arrêtées de travailler. Aujourd’hui, elles refusent plus souvent des contrats et des heures supplémentaires. Et quand elles sont en télétravail, 29% des femmes cadres ont un bureau pour s’isoler contre 47% des hommes. De quoi pénaliser leur carrière, surtout que ces retards ne se rattrapent pas.  

Nécessité de revaloriser certains métiers

Il est possible de rectifier le tir en prenant conscience de ces inégalités, mais aussi, explique le rapport, en aidant les femmes à rejoindre les filières d’avenir du plan de relance. Notamment en finançant des formations pour les aider à se reconvertir vers ces métiers.

Il y a également urgence à revaloriser les métiers très féminisés, comme les aides à domicile, les agents de propreté, les agents de caisse, qui sont souvent mal rémunérés.

Enfin, l'un des nœuds du problème est la meilleure répartition des tâches domestiques entre les hommes et les femmes. Mais ça ne dépend pas que des politiques publiques. 

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