Le décryptage éco. Le mouvement des "gilets jaunes" a tellement perturbé le commerce que les enseignes bradent avant l'heure

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Des impacts sur le commerce à cause de l'acte six des "gilets jaunes". La vente des produits de Noël a été tellement bouleversée que plusieurs enseignes bradent avant le 25 décembre. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

Ce week-end, il y a eu l’acte six des "gilets jaunes", avec des impacts sur le commerce. C’était un peu le week-end de la dernière chance pour beaucoup de commerçants. La vente des produits de Noël a été tellement bouleversée que plusieurs enseignes bradent avant le 25 décembre.

À Paris, les grands magasins avaient prévu d’ouvrir, et finalement ils ont été plusieurs à préférer fermer boutiques. Dans plusieurs villes comme Lyon, Bordeaux, les commerces ont également du baisser le rideau. Selon Bercy, le secteur enregistre un recul moyen de 25% sur un an. C’est une moyenne , avec de très grands écarts, évidemment Pour les plus petites structures, ça pose des problèmes de trésorerie mais aussi d’emplois.

Des conséquences importantes sur l'emploi

Des CDD n’ont pas été embauchés comme c’est le cas traditionnellement pour prêter main forte les samedis et dimanches avant Noël. De nombreux employés n’ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail ces dernières semaines. Certains salariés ont du poser des RTT, non prévues pour d’autres, comme ça a duré plusieurs jours, ils se sont vus déclarés en chômage partiel. C’est le cas notamment pour la plate forme logistique d'Auchan, à Nîmes (Gard), qui a été bloqué plusieurs semaines où près de 450 salariés se retrouvent au chômage partiel. Au total depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, le ministère de l’Économie comptabilise 43 000 demandes de placements en chômage partiel. Le chômage partiel, c’est un dispositif qui permet à l'entreprise de réduire le temps de travail quand il n’y a pas assez d’activité, suite à une crise, une intempérie… et c’est l’Etat qui compense en payant une partie des salaires de employés, Mais les salariés souvent ne touchent que 70% de leur brut.  

Les commerces se retrouvent avec du stock en plus

C’est une bonne nouvelle pour les clients, notamment les retardataires Si vous faites vos cadeaux lundi 24 décembre, vous constaterez que les enseignes redoublent de promotions. D’habitude, les magasins attendaient que 25 décembre soit passé, pour démarrer les bonnes affaires. Là, comme ils ne veulent pas se retrouver avec des produits sur les bras, des grandes surfaces bradent et affichent des rabais qui peuvent facilement aller jusqu’à 30 % sur des produits. C’est notamment le cas pour les jouets. Sur les 3,5 milliards d’euros que pèse la filière jouet, près d’un tiers des ventes se fait en décembre, explique par exemple la Fédération française des industries du jouet et de la puériculture, il y a donc urgence à limiter la casse. Les denrées périssables sont aussi concernées car les commerçants savent que s’ils ne les vendent pas maintenant, c’est perdu. Sur les produits festifs, comme le foie gras, la dinde, le saumon, là aussi, il peut y avoir des ristournes intéressantes cette année. Les professionnels anticipent un intérêt sûrement aussi important voire plus important que les années précédentes Dans la crise, une des valeurs refuges est bien la famille et le plaisir de déguster ensemble un repas de fête.     

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