Le décryptage éco. Le machinisme agricole français, un petit coin de ciel bleu au milieu d’une agriculture en crise

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Malgré une baisse lors des années précédentes, le marché du tracteur reste dynamique. "Le décryptage éco" revient, jeudi, sur ce secteur qui manque, chaque année, de 6 000 à 7 000 recrues faute de formation adaptée.

On en parle peu, mais c’est un des secteurs qui se porte bien en France. Il s'agit de la fabrication de machines agricoles. Tracteurs, moissonneuses-batteuses, mais aussi de plus en plus la géolocalisation, les drones qui surveillent les champs, la traçabilité informatique des cultures, sans nier les difficultés rencontrées par de nombreux exploitants au quotidien. Il faut aussi reconnaître que la France sait produire du matériel de qualité à haute valeur ajoutée technologique.

Un important marché mondial

C’est un marché mondial d’environ 110 milliards d’euros, quelque 40 milliards au niveau européen. Avec l’envolée du prix des céréales, le marché du tracteur a baissé ces deux à trois dernières années, mais il reste dynamique. L'Hexagone est troisième au palmarès des constructeurs, derrière l'Allemagne et l'Italie. Cependant, la France est la zone d'implantation pour les constructeurs japonais, américains et allemands. L’Allemagne est pourtant la patronne de la machine-outil.

Comment s’explique cette bonne place française ?

La France est le pays où l'on vient produire de bonnes machines capables de répondre à la forte demande des pays émergents. Nous savons produire haut de gamme, à haute valeur technologique, notamment grâce à nos start-up, ces jeunes-pousses qui équipent les engins en informatique.

Le groupe Agco et ses Massey-Fergusson flambants rouge, qui compte 2 500 salariés, est le premier employeur privé de Picardie, en compagnie de la société Gima pour la fabrication des boîtes de vitesse. Agco continue d’investir à Beauvais avec huit nouveaux hectares qui ont été achetés l’été dernier.

Le Japonais Kubota, implanté à Bierne à côté de Dunkerque (Nord), pour produire plus de 3 000 tracteurs par an avec 160 employés. Kubota vient d’annoncer un investissement de 75 millions d’euros pour installer d’ici 2022 un nouveau centre de recherche et développement en région parisienne. Sans compter avec le groupe allemand Claas et sa ligne de production de tracteurs dans son usine du Mans, dans la Sarthe.

Emploi : les candidats manquent à l’appel

Les emplois dans le machinisme agricole, outre les mécaniciens, ce sont surtout de plus en plus des développeurs dans la recherche et le développement ainsi que des commerciaux. Chaque année, le secteur manque de 6 000 à 7 000 recrues faute de formations adaptées. Le machinisme agricole recrute et le Salon International de l’Agriculture 2018, qui se tient jusqu’au 4 mars à Paris, est l’occasion de découvrir les nombreux métiers à pourvoir.

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