Le décryptage éco. Le budget de la Sécu plombé par le Covid-19

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Le déficit de la Sécurité sociale devrait frôler les 30 millions d'euros. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Après le budget de l’État, le gouvernement présente mardi 29 septembre celui de la Sécurité sociale et là aussi, il s’agit de répondre à l’urgence. L’épidémie fait exploser les dépenses de santé et ce n’est pas fini, il y a l’achat de masques, des blouses, des respirateurs, des tests de dépistage mais aussi les sept milliards du "Ségur de la santé" pour revaloriser le salaire des soignants. Du coup, rien que pour la partie assurance-maladie, il faut s’attendre cette année, à un déficit abyssal. On aura le chiffre exact mard, mais il est probable qu’il soit autour de 30 milliards d’euros et c’est sans compter sur les autres branches de la Sécu, elles aussi dans le rouge. C’est le cas de la partie vieillesse – c’est-à-dire celle qui paie les pensions des retraités – mais aussi de la partie famille, qui va prendre notamment en charge l’allongement du congé paternité à 28 jours annoncé la semaine dernière par le gouvernement.  

Au total, pour 2020, on s’attend à un déficit des comptes sociaux qui avoisinera les 45 milliards d’euros. Pour bien se rendre compte : avant la crise, le gouvernement pariait "seulement" sur un trou de la Sécu de cinq milliards d’euros !  

Comment va-t-on payer ?

Comme le gouvernement a promis de ne pas augmenter les impôts ; il n’y a pas 36 solutions : ce budget va creuser un peu plus la dette. Sachant que pour 2021, le gouvernement est plus optimiste : il fixe le déficit de la Sécu autour de 25 milliards d’euros.  

Le gouvernement ne veut pas enterrer complètement les réformes car c’est un moyen justement de limiter les dépenses. La réforme de l’assurance chômage est pour le moment suspendue mais Jean Castex l’a bien dit, fin août : pas question de l’abandonner totalement. Une concertation va s’ouvrir avec les partenaires sociaux dès demain mais tous les syndicats de salariés sont contre.

Pareil sur le dossier retraites : l’exécutif cherche à remettre le sujet sur le tapis, mais il risque là aussi de se heurter à l’opposition des syndicats et de l’opinion publique.

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