Le décryptage éco. La folle rentabilité des magasins Apple Store

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Le vingtième Apple Store en France a été inauguré dimanche sur les Champs-Elysées à Paris. Une manifestation organisée par l'association altermondialiste Attac a eu lieu devant la boutique. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

Il n’y avait pas que des gilets jaunes sur les Champs-Elysées ce week-end. Dimanche 18 septembre, il y avait aussi des militants d’Attac qui se mobilisaient contre l’ouverture d’un Apple Store. C’est ce dimanche qu’Apple a ouvert sa vingtième boutique de l’hexagone. Son plus grand magasin de France, d'une superficie de près de  1500 m²  – la taille d'un supermarché – qui emploie plus de 300 personnes. Cet Apple Store vient s’ajouter aux 500 boutiques que le géant de l’informatique a déjà dans plus de 25 pays dans le monde. Cette ouverture ne fait pas que des heureux. Plusieurs dizaines de militants de l’association altermondialiste d’Attac se sont mobilisés hier contre cette ouverture.

Une ouverture stratégique

Pas question pour Apple de renoncer à cette boutique. Ce magasin parisien est stratégique pour la firme à la pomme même si elle paie très cher pour avoir pignon sur rue sur la plus belle avenue du monde : le loyer annuel s’élèverait à 14 millions d’euros. Sur les Champs-Elysées, on compte près de 300 000 visiteurs par jour dont plus d’un tiers sont des touristes et surtout les Apple Store sont des mannes financières, des machines à cash.

Selon la société eMarketer, le chiffre d'affaires moyen généré par les Apple Store au mètre carré serait de 68 500 dollars ce qui fait plus de 60 000 euros pour l'année 2018. À titre de comparaison, la Fnac qui vend comme Apple des produits high-tech, ne génère "que" 12 000 euros au m² en moyenne, c’est près de cinq fois moins. 

La perspective d'une "taxe Gafa"

Pour les militants d’Attac, Apple est le symbole de l’évasion fiscale. Il faut rappeler que la firme californienne est aujourd’hui la plus importante capitalisation boursière au monde. Elle a dépassé cet été les 1 000 milliards de dollars et l’année dernière, Apple a presque atteint les 50 milliards de dollars de profits. Pour se rendre compte, si Apple était un pays, il pèserait autant que la Bulgarie ou la Tunisie, trois fois plus que l'Islande, ou le Liban et dix fois plus que le Mali. C’est vrai que la grande majorité de son argent se trouve dans des comptes offshore. La marque s’est toujours s’arrangée pour payer le moins d’impôt possible aux Etats-Unis mais aussi en Europe. D’ailleurs, en septembre dernier, Apple a dû solder ses comptes avec l’Irlande et l’Union européenne. Apple a dû verser plus de 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts en remboursement des aides d'Etat irlandaises illégalement perçues, selon Bruxelles.

Apple est toujours dans le viseur de la commission. Les pays européens travaillent à une taxe sur les géants du numérique, la taxe Gafa en référence à Google, Amazon, Facebook et Apple. La France est en pointe sur le dossier, à un moment où le ras-le-bol fiscal s’exprime, elle pousse pour mettre en place cette taxe Gafa, qui rapporterait des milliards à l’Europe. Mais plusieurs pays s’y opposent comme l’Irlande. L’Allemagne hésite, même si la chancelière allemande a déclaré il y a quelques jours qu'il y aurait une proposition d'ici décembre concernant cet impôt sur les sociétés numériques. Ce sera d’ailleurs au menu de l'Eurogroup extraordinaire consacré à l'avenir de la zone euro qui se tient ce lundi à Bruxelles.

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