le décryptage éco : la FED relève son principal taux d’intérêt

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Réunion historique ce mercredi matin de la banque centrale américaine. Pour la première fois depuis neuf ans, la Federal Reserve va relever son principal taux d’intérêt. En quoi cela nous concerne ?

Le sort de l’économie mondiale et donc de la nôtre dépend de la réussite de l’opération que va engager ce mercredi matin la banque centrale américaine. C’est dire si la décision de la FED est attendue et si les explications de Janet Yellen seront pesées et analysées partout dans le monde.

C’est dire aussi si cette petite femme d’un mètre cinquante, à l’humour ravageur, au style un peu grand mère, infatigable pédagogue, grande économiste, est sans conteste la femme la plus puissante, la plus influente sur la planète.

Janet Yellen va mettre fin à une politique qui a sans aucun doute permis au monde d’échapper à une crise plus grave encore que celle de 1929. C’était il y a un peu plus de sept ans, la planète financière menaçait de s’écrouler après la faillite du géant Lehman Brothers. La finance folle avait mis le feu à l’économie mondiale. Avec un pragmatisme américain sans état d’âme, le prédécesseur de Janet Yellen avait ouvert les vannes, ramené à zéro les taux d’intérêt, du jamais vu dans l’histoire, injecté ainsi massivement de l’argent dans le système pour éviter les faillites en cascade.

6674 milliards de dollars injectés dans le système financier

Le crash mondial a été évité, d’autant que  la FED est suivie très vite par la Banque d’Angleterre, puis par la banque du Japon et enfin, beaucoup plus tard, en mars 2015 par la banque centrale européenne : tous se sont lancés ainsi dans une vaste opération dite de "Quantitative Easing", c’est à dire tout simplement une version améliorée de la bonne vieille planche à billets. Au total, 6674 milliards de dollars ont été injectés dans le système financier en une poignée d’année. C’est sans précédent. Cela a permis de prêter de l’argent à tout va, d’éviter au minimum les mois de récession, d’écarter le spectre de la déflation, et de doper la croissance.

Pourquoi la FED met un terme au "Quantitative Easing" ?

Il y a au moins deux raisons et un problème. La première raison, la plus forte, c’est que si vous continuez ainsi, vous n’avez plus d’armes quand arrive la prochaine crise. Or l’économie est faite de cycles, de hauts et de bas, et les bas reviendront un jour. Donc il est urgent d’assainir le système, d’autant que cet argent facile a créé des bulles sur les marchés, et qu’il faut éviter de provoquer un prochain krach boursier. 

  

La deuxième raison qui pousse la FED à agir, c’est que la croissance est revenue aux Etats-Unis, que le pari a été gagné, certes ça a été long, la croissance a été moins forte que prévue, mais le chômage est retombé à son plus bas niveau, à un petit 5%, il n’y a donc plus de raison d’utiliser plus longtemps une arme qui doit demeurer exceptionnelle.

Le problème c’est que cet argent facile déversé par les banques centrales est comme une drogue dure. On ne sait pas comment s’en passer. Tous les acteurs du système sont devenus "accros". Tout le monde s'est endetté. Plus grave, il n’est pas sûr que les économistes, même les meilleurs, sachent trouver le remède, tant la situation est sans précédent historique.

Les banquiers centraux ont sauvé la planète mais ils ont aussi joué aux apprentis sorciers. En inversant la politique monétaire américaine, Janet Yellen fera aussi entrer l’économie mondiale en une terre inconnue, une terra incognita.

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