Le décryptage éco. L'OCDE encourage le gouvernement à reculer l'âge de départ à la retraite à 64 ans

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C’est bien mais peut mieux faire. Voilà ce que dit l’OCDE, (l’Organisation de coopération et de développement économique) dans sa dernière étude. La France est dans la bonne voie mais elle doit aller encore plus loin dans les réformes. Le décrytage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

Pour l’OCDE, il y a surtout deux réformes à faire de façon urgente, si on veut redresser le pays. Deux réformes qui ne sont pas les plus populaires.

Relever l'âge de départ à la retraite à 64 ans

La première concerne le système des retraites. L’organisme plaide pour un recul de l’âge de départ à la retraite, au-delà de 62 ans, jusqu’à 64 ans, en soulignant bien que la France a la durée de cotisation parmi les plus faibles d’Europe. L’OCDE préconise un relèvement progressif à mettre en place en cinq ans environ. Autant vous dire que ceux qui au gouvernement militent pour que l’on travaille plus longtemps, boivent du petit lait ! Bruno Le Maire le ministre de l’Économie n’a pas manqué de souligner d’ailleurs "cette convergence de vue" entre l’OCDE et le gouvernement. Cette incitation va, à coup sûr, relancer le débat sur l’âge de départ à la retraite et donner quelques sueurs froides à Jean-Paul Delevoye le haut-commissaire à la réforme des retraites qui ne cesse de dire que l’on ne touchera pas aux 62 ans dans le futur système par points.   

Urgence aussi à réformer l’assurance chômage

Le gouvernement en prépare une, il n’a pas encore présenté sa copie mais on sait qu’il devrait y avoir la mise en place d’un bonus-malus sur les contrats courts promis par Emmanuel Macron. C’est à dire une modulation des cotisations des employeurs selon qu’ils embauchent en CDI ou en contrats très courts. Ça tombe bien, c’est pile-poil ce que préconise l’OCDE. L'institution le martèle, il faut dissuader les employeurs de faire des CDD. 

Des préconisations qui vont conforter le gouvernement 

L’OCDE juge qu’aujourd’hui notre système d’allocation chômage n’incite pas assez au retour au travail. L’OCDE encourage donc le gouvernement à revoir les règles d’indemnisation, à les durcir pour éviter que les demandeurs d’emploi n’enchaînent périodes de travail très courtes et allocations. C’est exactement dans le sens de la réforme que prépare l’exécutif. Il s’apprête à revoir la façon dont sont calculées les indemnités Pôle emploi. Il réfléchit aussi à plafonner les allocations chômage des hauts salaires. L’objectif étant de baisser le chômage. Emmanuel Macron vise toujours un taux de chômage à 7% à la fin du quinquennat. Mais, c’est loin d’être gagné, la France était à 8,8 % de taux de chômage à la fin de l’année dernière. On progresse mais on reste à la traîne, et même si le chômage va continuer à baisser, pour l'instant les prévisions ne sont pas terribles (le gouvernement table sur un chômage à 8,3% au quatrième trimestre 2020, selon Les Échos).

En tout cas, avec ce feu vert appuyé de l’OCDE, cet encouragement, on peut être assuré que le gouvernement ne voudra pas perdre de temps pour dégainer sa réforme du chômage. Probablement juste après les européennes. D’ailleurs, Édouard Philippe mardi 9 avril à l’Assemblée nationale a promis de "grands chantiers à venir" !

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