Le décryptage éco. Grèves : quel impact sur l'économie française

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L'impact reste souvent limité mis à part sur l'hôtellerie, la restauration, le tourisme en général. Les plus touchés restent les commerçants. Le décryptage de Fanny Guinochet de "L'Express". 

Les hôteliers sont inquiets par rapport aux grèves qui durent mais, les mouvements sociaux ont-ils un impact si négatif que ça sur l’économie française ? Certains secteurs peuvent être fortement pénalisés comme l’hôtellerie et la restauration, le tourisme parce que quand vous perdez des réservations, souvent vous ne les rattrapez pas. En revanche, et ça peut sembler surprenant, mais pris globalement, les effets de ces mobilisations sont assez neutres.

Les grèves provoquent un trou d’air économique. Mais un trou d’air passager. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé pendant les grèves de 1995, de 2010, lors des mobilisations contre la réforme des retraites, de 2016 contre la loi Travail, ou même l’année dernière lors de la crise des "gilets jaunes", l’impact est resté somme toute limité. Selon l’Insee, on a perdu, entre 0,1 à 0,2 points de croissance sur un trimestre. Notre produit intérieur brut (PIB), c’est à dire l’activité du pays, ralentit mais il a presque toujours repris sa trajectoire ensuite.  

Explication : les vases communicants

Il y a des effets de reports d’abord, entre les acteurs économiques : par exemple, en ce moment, la SNCF ou Air France, perdent du chiffre d’affaire mais cela profite aux VTC, taxis, transports alternatifs, aux vendeurs de trottinettes, de vélo… Et puis, il y a aussi des reports en terme de calendrier. Les achats que vous ne pouvez pas faire actuellement, vous les ferez sûrement plus tard, les mois suivants et même, cette année, beaucoup d’entre vous les ont fait avant les grèves.

Si le Black Friday, ce jour de promotion massive, fin novembre a si bien marché, cette année, c’est parce que, vous avez été nombreux à anticiper les perturbations sociales, et à faire vos cadeaux en avance. Et puis, aujourd’hui, la plupart des grandes enseignes ont un site internet et maintiennent une activité par ce biais. Même si la question de la livraison peut se poser, le commerce électronique permet de limiter la casse.  

Les petits commerçants subissent les effets de la grève

C’est pour cela d’ailleurs que le gouvernement fait autant d’appels pour les soutenir, et met en place des dispositifs d’aide. Parce que pour eux gérer les reports d’achats dans le temps, c’est compliqué : ça veut dire avoir de la trésorerie et c’est souvent ce qui leur manque. En fait, c’est triste, mais pour les entreprises ou les secteurs de l’économie qui vont mal, ces mouvements sociaux sont souvent des accélérateurs de défaillance.

Enfin, il y a un autre point très ennuyeux, que l’on a plus de mal à mesurer, – parce que l’économie ce sont des chiffres, mais pas que – ce sont les effets sur l’image : la France avait retrouvé des couleurs auprès des investisseurs étrangers, qui installaient des sites, des usines, en se disant que le pays avait fait les réformes, était stable socialement. Pas sûr qu’ils restent aussi confiants. Et la confiance, on le sait, c’est facile de la perdre, mais difficile de la regagner.   

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