Le décryptage éco. En France, il manque au moins un million de logements

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Le gouvernement a présenté mercredi son plan pour le logement. Il était très attendu. Quoi de neuf pour les propriétaires ? Le décryptage de Fanny Guinochet (L'Opinion).

L’idée est d’inciter ceux qui ont des terrains à les vendre pour bâtir rapidement derrière. Les propriétaires qui se sépareront des surfaces constructibles en zones tendues et qui les vendront avant 2020 bénéficieront de forts abattements fiscaux sur les plus values. Leur impôt sera totalement effacé si le terrain est cédé pour y construire des logements sociaux. Il baissera à 70% pour les logements privés, à prix libres.

Une vraie rupture par rapport à l’ancien système

Il y avait déjà une exonération fiscale mais différée dans le temps : plus on gardait son bien et moins on était taxé à la revente. Là, c’est l’inverse. On a aussi beaucoup parlé du Pinel, alors va-t-il être maintenu ? Oui, instauré en 2015 par l'ancienne ministre du Logement, Sylvia Pinel, ce système permet à des investisseurs de réduire leur impôt quand ils achètent un logement neuf à louer. L’idée là encore est de pousser à la construction. Le système a bien fonctionné en 2015, plus d’une vente sur deux dans l’immobilier neuf était un Pinel. Mais il coûte très cher à l’état : plus d’un milliard et demi d’euros.

Le Pinel devait s’arrêter à la fin de cette année, le gouvernement le maintient pour 4 ans mais le cible sur les villes où la demande de logements est bien supérieure à l’offre. C’est Paris et les communes autour de la capitale, ainsi que les grandes agglomérations. Exit les petites villes et les zones rurales. Même raisonnement pour le PTZ, le Prêt à taux zéro, ce coup de pouce qui permet aux ménages modestes de faire leur premier achat. L'an dernier, près de 120 000 ménages y ont eu recours, là encore le gouvernement le garde mais le recentre sur certaines zones où il est très difficile d’acheter.

Pour les propriétaires, il va aussi y avoir des changements quand ils vont louer leur bien

Le gouvernement crée « un bail mobilité », de un à 10 mois pour les étudiants, les personnes qui seront en formation, les apprentis. C’est un nouveau type de contrat de location pour aider ces précaires à trouver un logement Dans ce système, les propriétaires ne pourront plus demander de dépôt de garantie. Et les loyers impayés seront pris en charge par une assurance, Visale, rattachée aux entreprises.

Mais les professionnels soulignent déjà le risque d’effets pervers, qui conduira les propriétaires à préférer des locataires plus solvables, qui peuvent s’engager à plus long terme. Au final, dans ces mesures, les propriétaires sortent plutôt gagnants. Ils gardent ou obtiennent en plus des incitations financières fortes. Mais ça ne règle pas un de leur principal problème : souvent ils ne louent pas leur appartement par crainte de ne pas pouvoir déloger le locataire qui ne paie pas. Or, dans le plan, il n’y a rien là dessus.

Le chiffre du jour

8 entreprises européennes sur 10 disent avoir déjà connu un incident lié à la cybersécurité l’année dernière, ce qui représente près de 4000 attaques par jour. Du coup, l’Europe va créer une agence de cybersécurité plus puissante que ce qui existe déjà.

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