Le décryptage éco. Easyjet : première victime de la chute de la Livre

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Easyjet, première victime du Brexit et de la chute de la livre Sterling. La compagnie low cost annonce déjà que son bénéfice va fondre cette année, le cours de son action a été quasiment divisé par deux et elle cherche déjà à conserver son accès au ciel européen.

Malgré un nombre de passagers toujours en hausse, 6, 6 % de plus cette année et la chute du kérosène, la compagnie low-cost a perdu 9 % sur chacun des sièges des 70 millions de personnes qu’elle transporte chaque année et son bénéfice avant impôts va fondre de 102 millions d’euros. Easyjet est effectivement la première victime de la chute de la livre Sterling. Depuis le Brexit, son action a chuté de plus de 40 %. Et ça ne s’arrange pas. Cette semaine, et hier encore, la livre a plongé, elle était  à son plus bas niveau depuis 31 ans face au dollar et depuis sept ans face à l’euro. Easyjet n’est pas la seule a être prise dans la tourmente de la livre. L’irlandaise Ryanair, très implantée au Royaume-Uni, voyait déjà fin août sa croissance divisée par deux, dans un contexte de toutes façon compliqué pour les compagnies aériennes avec la perte du pouvoir d’achat des britanniques, certes mais aussi les grèves, les attentats et une concurrence exacerbée.

 Easyjet envisage déjà de garder un pied en Europe

La compagnie serait en négociation avec l’allemand TUIfly basé à Hanovre, la fuite est venue du vice-président du syndicat des pilotes Cokpit, à Francfort cette semaine. Elle serait aussi en discussion avec une autre compagnie européenne dont le nom n’est pas encore connu. Easyjet, l’une des principales compagnies en Europe, n’envisageait pas de rachat avant le Brexit. Elle a donc infléchi sa politique car entrer dans une compagnie en Europe continentale lui garantirait l’accès au ciel unique européen sans restriction commerciale avec un trafic plus fluide et plus direct. Un accès sans entrave  à quelques sept millions de kilomètres carrés de nuages et ses sept millions de vols par an. C’est cet accès au ciel unique européen qui a accompagné le développement des low-cost ces dernières années. Easyjet est mieux que tout autre bien placée pour en mesurer l’importance.

Avant même la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe, les rats quittent le navire ?

C’est un peu tôt pour le dire car finalement l’Europe, son ciel unique européen, son marché unique et son passeport financier européen, présente un grand nombre d’avantages que redoutent de perdre de nombreuses entreprises. On chiffre, par exemple à 43 milliards d’euros et 70 000 emplois, la perte du passeport financier pour la City. Ces avantages seraient bien entendus perdus en cas de Brexit dur, la voie sur laquelle s’engage Teresa May pour l’instant mais la lettre de rupture n’est pas encore envoyée et les négociations sont loin d’avoir commencé. Ce qui est sûr en tout cas c’est que l’économie britannique est loin de s’effondrer. La baisse de la livre apporte une bouffée d’air aux entreprises qui exportent, et du coup stimule la bourse de Londres, le soutien de la banque d’Angleterre, lui,  a amorti le choc du référendum. Mais les entreprises, Easyjet comme les autres, le savent, le Brexit, le vrai, reste encore à venir. Et dans quelles conditions ?


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