Le décryptage éco. Disney rit, Ford pleure : chronique de l’attractivité française

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La direction de Ford estime que la fabrication de boîtes de vitesses nouvelle génération n'est plus économiquement viable dans son usine de Blanquefort alors que le groupe Disney va investir deux milliards d’euros dans le développement de Disneyland Paris. 

Disney qui rit, Ford qui pleure : c’est un peu la conclusion que l’on peut tirer de deux annonces faites lundi 26 février et qui remettent un coup de projecteur sur la fameuse attractivité de l’économie française

Le constructeur automobile Ford a annoncé qu’il n’allait plus investir dans son usine de Blanquefort, près de Bordeaux. La direction estime que la fabrication de boîtes de vitesses nouvelle génération n’y est plus économiquement viable. Nul ne sait ce qu’il adviendra de l’usine après 2019. Quant à Disney, c’est le contraire : le groupe américain va investir sur plusieurs années quelque deux milliards d’euros dans le développement de Disneyland Paris. Trois nouvelles zones thématiques qui agrandiront significativement le parc Walt Disney Studio.

Deux cas différents

Si comparaison il doit y avoir entre ces deux cas, elle se fait au niveau de l’attractivité française, la capacité de notre économie à retenir ou non les investisseurs, bien loin de l'effet Macron. Dans le cas de Disney, on est dans le tourisme. La France est en effet une destination prisée : avec plus de 320 millions de visites depuis 1992, Disneyland Paris représente plus de 6% des recettes touristiques en France (50 milliards d'euros de retours divers pour l'économie française). C’est du donnant-donnant, pour ne pas dire gagnant-gagnant.

Le cas de Ford

Présent à Blanquefort depuis 1972, sa production n’a cessé de se réduire ces dernières années. Ford reconnaît que ses batteries seront désormais importées des États-Unis. Un repli sur les terres américaines pour, sans le dire, profiter de la réforme fiscale de Donald Trump. Ford Blanquefort est l’exemple type de l’usine, comme d’autres, que l’on a maintenue à bout de bras, à coups de subventions publiques (27 millions d’euros depuis 2013), pour des raisons purement politiques et électoralistes de court terme

Est-ce que ces habitudes peuvent réellement changer ?

Dans le cas de Ford, la messe semble être dite. On verra si, comme il s’y est engagé, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire parvient à limiter la casse. Pour ce qui est de Disneyland Paris : qu’adviendra-t-il de la promesse d’investissement faite hier par le PDG américain, Bob Iger, dans le bureau du président de la République, Emmanuel Macron, à l’Élysée ? Rappelons que les engagements de Disney ne verront pas le jour avant 2021 et qu’à la fin 2016 le groupe restait plombé par une dette supérieure à un milliard d’euros (réduite un peu, depuis). Sans oublier que la maison-mère continue à injecter de l'argent frais dans sa filiale française. On dit généralement que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Quant à l’attractivité de la France, elle ne pourra jamais se fonder uniquement sur des subventions publiques à fonds perdus mais sur la franchise des politiques et le réalisme des partenaires sociaux. Cela serait une vraie réforme ou, plutôt, une révolution copernicienne.

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