Le décryptage éco. Décès de Serge Dassault, grand capitaine d'industrie

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L'industriel et homme politique français a succombé à une crise cardiaque, à l’âge de 93 ans. Un grand capitaine qui laisse comme héritage un fleuron de l’industrie française.

Serge Dassault est décédé lundi 28 mai, à l'âge de 93 ans. Un capitaine de l'industrie française, qui aura consacré sa vie au groupe aéronautique qu’il a hérité de son père, Marcel Bloch-Dassault, un ingénieur, ancien déporté, qui avait fondé cet empire industriel en 1929.

Serge Dassault a d’ailleurs longtemps été dans l’ombre de son père, car même si ce polytechnicien était entré à 26 ans dans le groupe, ce n’est qu’à la mort de son père, en 1986, qu’il devient président du groupe Dassault Aviation. Il a alors 61 ans, il aime vanter à travers le monde les Mirage et les Rafale qu’il construit, avant de passer la main en 2000. Il aura tout de même gardé la présidence de la holding familiale.

Que représente le groupe Dassault aujourd’hui ?

C’est un poids lourd, un fleuron, un mastodonte de l’industrie française qui comporte plusieurs branches. La principale est Dassault Aviation, dernière entreprise aéronautique majeure au monde encore dirigée par la famille qui l’a fondée. Autant dire une exception.

Dassault Aviation compte 12 000 salariés, 13 milliards d’euros de capitalisation boursière. C’est aussi près de 2 100 avions Falcon et plus de 1 000 avions de combat en service. L’entreprise a aussi 25% de parts dans le groupe d’électronique et de défense Thales, et est présente dans 80 pays via une dizaine de filiales. En 2017, Dassault Aviation avait un chiffre d’affaires de presque 5 milliards d’euros, un chiffre qui se fait en grande majorité à l’export. L’avenir est prometteur, puisque Dassault Aviation travaille avec Airbus pour construire le futur avion de combat européen. Le groupe est aussi très présent dans l’avion civile et les jets privés.

La success story de Dassault Systèmes

La réussite du groupe tient aussi à Dassault Systèmes, qui fait des logiciels et de la modélisation 3D. Ce segment est en forte progression, avec un chiffre d’affaires annuel, estimé à plus de 3 milliards d’euros. Sans oublier la presse, puisque Serge Dassault était aussi le propriétaire du Figaro. Il a aussi investi dans le vin, l’immobilier, l’art. C’est Charles Edelstenne, son homme de confiance et directeur général de la holding, qui va lui succéder, sachant que les quatre enfants de Serge Dassault siègent au conseil de surveillance.

Mais derrière la magnifique réussite industrielle, il y avait le dirigeant à la carrière politique sulfureuse, associé aux scandales. En 2017, le milliardaire avait été condamné pour avoir caché au fisc français des comptes à l'étranger. Il devait être rejugé à partir du 6 juin.