Le décryptage éco. Coronavirus : vers une vague de nationalisations ?

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Pour passer la crise du coronavirus, Edouard Philippe, a évoqué de possibles nationalisations. À quoi faut-il s'attendre ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Le Premier ministre n’a pas donné de noms d'entreprises qui pourraient être concernées par la nationalisation, à cause du coronavirus, mais il l'a dit, mardi 17 mars sur France 2 : "Nous pourrions nationaliser".

On pense à nos fleurons français, au premier rang desquels Air France en pleine tourmente avec le coronavirus. L’Etat pourrait renflouer la compagnie aérienne en montant un peu plus au capital : il en possède déjà 14%. Prendre des parts supplémentaires redonnerait de l'argent frais à la compagnie, de la trésorerie.

On pense aussi à Renault qui subit aussi de plein fouet la crise. L’État détient 15% du capital du constructeur automobile et là aussi, il pourrait monter un plus pour lui redonner des marges. Sachant que l’objectif de ces nationalisations, c’est aussi d’éviter les vautours, c’est à dire que nos groupes nationaux, très dévalués actuellement, ne soient rachetés par des étrangers. Il s’agit de les protéger des prédateurs.

Des précédents de nationalisations temporaires

Des nationalisations "temporaires" sont également évoquées. On ne sait pas précisément pour combien de temps, mais cela veut dire que l'État interviendrait le temps du sauvetage. Une fois la crise passée, il revendrait ses parts.

Ce ne serait pas la première fois que l'État vole au secours d’entreprises stratégiques. En 2017, au début de son mandat, Emmanuel Macron avait nationalisé STX France, les ex-Chantiers de l'Atlantique, le temps de trouver un accord avec le repreneur italien Fincantieri. En 2004, aussi, l’Etat avait aidé Alstom au bord du gouffre. Après une recapitalisation de plus de 2 milliards d’euros, il s'était désengagé deux ans plus tard.

La France va devoir faire ses fonds de tiroirs. Il y a encore quelques semaines, et même quelques jours encore, le gouvernement était dans le mouvement inverse, il privatisait. Après la Française des Jeux, il préparait la privatisation des Aéroports de Paris, ADP, qui finalement ne se fera pas. Il cédait ses parts dans l’espoir de récupérer des milliards pour notre économie.

Là, changement de pieds, devant l’étendue du séisme, il fait comme nos voisins européens. L’Italie va nationaliser sa compagnie aérienne Alitalia, au bord de la faillite. Et l’Allemagne a aussi évoqué de possibles nationalisations la semaine dernière.                   

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