Le décryptage éco. Commerce en ligne : un collectif se ligue contre Amazon et demande à l'Etat un moratoire pour l'installation d'entrepôts

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La confédération des commerçants de France, des associations, des élus, demandent au gouvernement un moratoire sur les projets d’installation d’entrepôts du commerce en ligne. Ils dénoncent la destruction des petits commerces et l'impact écologique d'Amazon.

Dans une tribune publiée lundi 21 juin par le journal Libération, un collectif de commerçants, d'élus et d'associations demande au gouvernement d'adopter un moratoire sur les projets d’installation d’entrepôts du commerce en ligne.

Un danger pour les petits commerces

Pour les signataires de ce texte, il y a urgence à suspendre l’installation d’entrepôts et de centres de tri parce qu’ils mettent en danger les 600 000 petits commerces de l’hexagone, ces magasins de proximité qui vont vivre les villes et villages français. Le collectif demande à l’Etat d’arrêter de délivrer des autorisations au leader américain de la vente en ligne, Amazon, mais aussi à Alibaba, le géant chinois. Selon eux, ces marques ont pour projet d’installer, dans l’hexagone, une dizaine de sites d’ici l’année prochaine.

Ils estiment qu’Amazon a déjà détruit 6 500 emplois en France depuis sa première installation, il y a plus de dix ans. L’an dernier, l’ancien secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, était lui aussi monté au créneau sur ce sujet : dans un rapport, il montrait que même si la firme américaine a investi en France deux milliards d'euros depuis dix ans, elle a détruit plus d'emplois qu'elle n'en a créé. Amazon se défend : selon ses calculs, elle est plutôt à l'origine de 30 000 emplois directs et indirects.

L'impact écologique d'Amazon dénoncé par les signataires

Les signataires du moratoire mettent aussi en avant l’argument écologique : pour eux, Amazon abîme le territoire. Preuve en est l’arrivée prévue de ce centre de logistique dans le sud, à quatre kilomètres du pont du Gard, tout près du site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce projet suscite une bronca car il devrait occuper 40 000 m² et faire plusieurs étages. Ce serait l’une des trois plus grandes stations logistiques d’Amazon en Europe.

Pour les défenseurs du projet, ce n’est pas pire pour l’environnement qu’une usine EDF. De plus, ce sera une source de revenus pour le territoire via la taxe foncière versée à la commune, et des opportunités de travail pour les habitants, dans une région très touchée par le chômage, ça ne se refuse pas !

"Amazonisation de la France"

Le débat prend une tournure politique, car des députés ont même déposé une proposition de loi contre ces installations. Début juin, Delphine Batho, la députée des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l’Ecologie, a déposé à l’Assemblée un texte qui demande l’arrêt de "l’amazonisation" de la France, qui est contraire à la "relocalisation" tant vantée par Emmanuel Macron. Ce texte rappelle que la firme de Jeff Bezos pratique l’optimisation fiscale, et qu’elle fait partie déjà des grands gagnants de la crise du Covid-19. De quoi nourrir le débat sur le monde d’après !

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