Le décryptage éco. Chômage : un léger mieux, mais des résultats en trompe-l'œil

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Malgré une baisse légère du chômage en 2017, des créations de postes et une croissance en hausse, d'autres indicateurs sont plus inquiétants. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi a baissé en 2017, mais dans une proportion très légère. On assiste à une toute petite inversion de la courbe, qui est décevante, au vue de la reprise. En 2017, pour la catégorie A de Pôle emploi, c’est-à-dire pour les gens qui n’ont pas travaillé du tout, il y a eu à peine 13 000 chômeurs de moins. Cela fait un peu moins de 1 000 personnes par mois qui quittent Pôle emploi. C’est toujours ça, évidemment, et c’est une bonne nouvelle pour ceux qui sont concernés. Mais sur les 3,7 millions d'inscrits dans cette catégorie, il n’y a pas de quoi se réjouir.

Des signes d'optimisme

On espère un début d'année positif, surtout quand on regarde les indicateurs économiques qui sont presque tous au vert. La croissance atteint 2%, c’est deux fois plus que l’année dernière. En 2017, le nombre de défaillances d’entreprises a reculé de presque 5%. Pas moins de 220 000 postes ont été crées. Le moral des chefs d’entreprise n’a jamais été aussi élevé.

Autre très bon signal, qui donne de l'espoir, le nombre d’embauches en CDI progresse fortement, dans le BTP, mais aussi dans l’industrie qui reprend des couleurs.

Des indicateurs inquiétants

Sept embauches sur dix se font encore sous forme de CDD de moins d’un mois. Près de 2,5 millions de demandeurs d'emploi, y compris ceux qui travaillent un peu, sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an. La durée d’inscription augmente encore, elle est de presque deux ans. Le chômage des plus de 50 ans reste très élevé.

Il existe en France une inadéquation très forte entre les offres et les demandes d’emplois. On recense 200 000 à 330 000 emplois non pourvus. Ce chiffre a augmenté de 40% en un an. C’est énorme. En fait, les employeurs qui veulent embaucher ne trouvent pas les bonnes compétences. Il y a donc un décalage entre les postes et les qualifications.

D’où l’objectif du gouvernement de mettre le paquet sur la formation : il veut former 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés d’ici la fin du quinquennat. Et pour cause, un chômeur sur trois a un niveau inférieur au CAP ou au BEP. Conséquence : le retour de la croissance pourrait laisser de nombreuses personnes sans emploi.

Pour 2018, l’Insee n’est d’ailleurs pas très optimiste. Le taux de chômage devrait baisser à 9,4% en milieu d’année 2018, soit à peine quelques points de moins par rapport à l’année dernière.

 

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