Le décryptage éco. Capital-investissement : les entreprises vont chercher ailleurs qu’à la bourse

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Les entreprises se détourneraient-elles de la bourse pour se financer ? Le capital-investissement est l’autre voie pour trouver des investisseurs et de l’argent frais.

Le capital-investissement est une alternative pour trouver des investisseurs et de l’argent frais. Le succès est grandissant Selon l’AFIC (Association française des investisseurs pour la croissance), le capital-investissement français a connu l’an dernier un net coup d’accélérateur, tant en termes de sommes investies que de nombre d’entreprises accompagnées. Les montants levés (l’argent prêté) par les professionnels du capital-investissement (assurances, mutuelles et fonds de pension) ont augmenté de plus de 50% par rapport à 2015 : 15 milliards d’euros.
Cela ne fait que progresser depuis quatre ans et les 20 milliards d’euros investis dans le développement et l’accompagnement des ETI, PME et start-up françaises, devraient être atteints en 2020.

Les secteurs les plus prisés

Près de 1 900 entreprises ont opté pour le capital-investissement l’année dernière. Le secteur qui en a le plus profité, en attirant le plus de capitaux, est celui des biens industriels et de la chimie. 3,5 milliards d’euros investis dans 450 entreprises, ce qui représente un tissu important de petites sociétés et d’emplois. On est loin des multinationales du CAC40. Si on prend comme critère le nombre d’entreprises accompagnées, les mieux loties sont celles du secteur informatique et du numérique.

Effet Brexit ?

Le grand sujet dans l’actualité, c’est la sortie du Royaume-Uni de l’Europe. L’intérêt pour le capital-investissement peut-il s’accentuer avec le Brexit ? La question se pose dans plein de secteurs. Qui sera plus attractif que Londres, ailleurs en Europe (Paris, Francfort, Luxembourg), pour attirer les capitaux ?

Sur l’ensemble des chiffres évoqués, 45% des capitaux levés viennent de l’international. Ce qui veut dire que les étrangers investissent massivement dans les petites entreprises françaises. C’est l’autre enseignement de cette étude (les levées de fonds supérieures à 200 millions d’euros concentrent 90% de capitaux importés vers la France).

Quant aux investisseurs internationaux qui se détourneraient du Royaume-Uni pour placer leur argent ailleurs que dans les entreprises britanniques, vouées à l’incertitude, certains observateurs estiment qu’il y aura un effet d’aubaine, mais impossible de le chiffrer pour l’instant. On est plutôt dans le non-dit.

La France saura-t-elle en tirer profit à long terme ?

Les autorités financières françaises ont déjà pris les devants en mettant en place des procédures simplifiées sur le plan juridique, comme un agrément express pour les sociétés financières britanniques qui voudraient s’implanter à Paris. L’objectif n’est pas de doubler Londres dans l’attractivité du capital investi mais de se placer dans les zones les plus réactives.

On pourrait s’étonner que les candidats à l’élection présidentielle en France ne s’emparent pas plus du sujet – à une ou deux exceptions près, chez les candidats "pro-business". C’est un vrai débat sur l’image de la France et de l’attractivité de notre économie.

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