Le décryptage éco. Bruno Le Maire s’attaque aux entreprises qui abusent des contrats courts

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Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, s’est dit prêt à pénaliser les entreprises qui utilisent trop des contrats courts, ou de CDD. Ces entreprises pourraient être pénalisées.

Pour Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, il faut faire en sorte que lorsque les entreprises licencient trop souvent, ou lorsqu'elles abusent de contrats courts, ou de CDD, elles soient pénalisées et qu'à l’inverse les entreprises qui utilisent plutôt des CDI, soient, elles, récompensées. Cela revient à mettre en place un dispositif de malus/bonus. Emmanuel Macron en avait fait un engagement pendant sa campagne. Promesse qui pour l’instant n’a pas vu le jour, mais le débat est en train de monter.

La part des CDD est de plus en plus importante en France

Parce qu’une étude publiée en fin de semaine dernière par le ministère du Travail montre que la part des CDD est toujours plus importante dans le marché du travail. Aujourd’hui, 87% des embauches se font en CDD, avec des contrats de plus en plus courts : 40% des salariés en CDD ont un contrat de moins d'un mois et un tiers des CDD ne dure même qu'une journée. Ce qui pèse lourd sur les comptes de l’Assurance chômage : près de 5 milliards d’euros par an. Car entre ces CDD, les salariés sont souvent indemnisés par l’Assurance chômage et ils sont maintenus ainsi dans la précarité  

En plus, en ce moment, il y a aussi la loi emploi et formation de Muriel Pénicaud en discussion au Parlement, et cette question des contrats courts est au cœur des échanges. Des élus de la majorité de la République en marche, font d’ailleurs pression sur le gouvernement pour qu’il instaure le système du bonus-malus.

Le gouvernement laisse jusqu’à la fin de l’année aux entreprises

Aujourd’hui le dispositif n’est pas complètement finalisé. Et le gouvernement veut éviter l’usine à gaz. Il faut veiller à ne pas pénaliser l’activité de certains secteurs, qui par nature sont très consommateurs de contrats courts comme l’évènementiel, la restauration-hôtellerie. C’est en tout cas, un des arguments invoqués par le patronat, qui mène un important lobbying contre un dispositif de ce type. Du coup, le gouvernement a laissé jusqu’à la fin de l’année aux branches professionnelles pour qu’elles trouvent des solutions pour limiter l’usage des contrats précaires mais certains doutent qu’elles fassent vraiment le nécessaire.

Des économistes partisans du bonus-malus

Les propos du ministre de l’Economie ne sont pas gratuits. D’autant que plusieurs économistes sont partisans du bonus-malus. Jean Tirole, le prix Nobel d’Economie l’a redit, pas plus tard que dimanche 24 juin dans le JDD : il est favorable à ce type de dispositif. Car dans le financement actuel de l'Assurance chômage, les entreprises qui gardent leurs salariés paient pour celles qui licencient. Selon lui, il y a urgence à appliquer le principe du pollueur-payeur au marché du travail.

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