Le décryptage éco. Automobile : la prime à la conversion discutée entre gouvernement et constructeurs

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La prime à la conversion, l'aide financière qui est offerte pour échanger un vieux véhicule polluant contre une voiture plus propre, sera au centre des discussions entre gouvernement et constructeurs automobiles lundi.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire et celui de l’écologie, François de Rugy reçoivent, lundi 29 octobre, les constructeurs automobiles. Au menu : la prime à la conversion. Le gouvernement veut que les constructeurs mettent la main à la poche.
La prime à la conversion est cette aide financière qui est offerte pour échanger votre vieux véhicule polluant contre une voiture plus propre. Aujourd’hui, si vous vous séparez d’une voiture diesel de plus de douze ans, ou d’une voiture à essence de plus de dix-neuf ans, pour acheter un véhicule propre, l’Etat vous verse entre 1 000 et 2 000 euros d’aide et si vous n’êtes pas imposable, la prime est plus importante. Elle peut même aller jusqu’à 2 500 euros pour l'achat d'un véhicule électrique neuf. Lancée cette année, la prime à la conversion marche très bien. Si bien que certains d’entre vous ont enregistré des retards de paiement.

Le gouvernement demande aux constructeurs de payer 

Certes, le gouvernement s’est laissé un peu déborder. Parce qu’il pariait sur 100 000 primes en 2018, et on devrait être à 250 000 primes versées. Du coup, cela a coûté plus de 200 millions d’euros là où l’Etat avait budgété moitié moins. Et pour 2019, il s’apprête à débourser plus de 300 millions d’euros pour la prime. Une participation des industriels serait bien entendu bienvenue mais si le gouvernement veut que les constructeurs participent, c’est parce qu’il veut étendre encore plus l’aide. Il aimerait qu’elle touche encore plus de Français, par exemple qu’elle concerne la mise à la casse de véhicules plus récents. 

Est-ce que les constructeurs sont prêts à participer ?

Tout est affaire de négociations comme toujours, mais les constructeurs peuvent y trouver leur intérêt à un moment où les ventes de voitures diesel s’effondrent, la prime à la conversion est un moyen de doper les ventes. Selon l’Insee, l’an dernier, c’est la première fois depuis 1990 que le nombre d'achats de voitures particulières diesel en France a reculé. Et pour cause, jusqu’en 2014, les automobilistes étaient incités à acheter des véhicules diesel, alors qu’aujourd’hui ils doivent faire face à la flambée des prix du gazole. Mais là où ça risque de tiquer du côté des constructeurs, c’est qu’en réalité, plusieurs d’entre eux ont déjà mis en place leurs propres primes. Sous des noms différents Eco-Passe, Eco-Prime ; Reprise Eco etc. Ils ne vont pas vouloir payer deux fois.

Le gouvernement risque de faire pression pour calmer la colère des automobilistes

Il n’a pas forcément beaucoup de marges de manœuvre sur les constructeurs et les négociations risquent de prendre un peu de temps. Cette fiscalité verte, certes, c’est un moyen de tenter de calmer l’exaspération des automobilistes. Mais même renforcée, on ne voit pas comment la prime pourrait suffire à convaincre les 18 millions de personnes qui roulent au gasoil et qui sont prises au piège. La prime c’est bien mais c’est insuffisant car le principal problème des voitures électriques, c’est qu’elles restent encore chères, elles ne sont pas accessibles à tous les porte monnaie, même avec une aide. Par ailleurs, en France, on manque de points de recharge pour ce type de véhicules

 

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