Le décryptage éco. Au Royaume-Uni, 250 000 fonctionnaires pourraient être remplacés par des robots

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Dans les 15 ans à venir, 250 000 emplois pourraient disparaître en Grande-Bretagne, remplacés par des ordinateurs. C'est ce qui est démontré par une étude britannique.

Des robots intelligents pourraient remplacer 250 000 fonctionnaires au Royaume-Uni, c’est une étude qui a fait grand bruit outre-Manche. Vous vous souvenez peut-être de cette prédiction il y a quelques années de l’un des grands innovateurs du web, Marc Andreessen, qui avait dit : "Le logiciel va manger le monde". Et bien l’intelligence croissante des machines a commencé à manger des emplois, à transformer le travail et surtout les façons de travailler.

C’est ce fait, cette grande transformation, qu’ont rappelé et décrit les auteurs d’une étude britannique, publiée par le think tank de centre droit Reform et qui, bien évidemment, a fait grand bruit de l’autre côté de la Manche. On avait surtout jusqu’ici parlé de l’impact sur l’emploi privé du numérique et de la robotique combinés à l’intelligence artificielle, mais assez peu de son impact sur la fonction publique.

Pas d'impact sur la qualité de service

Et c’est le cœur de l’étude réalisée par les chercheurs britanniques, qui ont observé qu’il y avait beaucoup de tâches répétitives effectuées par les personnels des grands services publiques. Et qu’à la vitesse à laquelle se développait désormais l’intelligence artificielle, des robots allaient peu à peu pouvoir accomplir de nombreuses tâches, à coté ou à la place de certains fonctionnaires. L'étude avance donc le chiffre de 250 000 emplois qui pourraient disparaître dans les 15 ans qui viennent, sans que la qualité de service ne soit nullement dégradée, bien au contraire : l’étude nous assure que le service sera globalement plus sûr, plus fiable, plus rigoureux et beaucoup moins cher.

L'administration centrale déjà touchée

C’est d’abord, nous disent les auteurs de cette étude, toute l’administration centrale qui est concernée, de l’état civil jusqu’aux impôts, en passant par toutes les demandes d’autorisations diverses dont le citoyen a besoin, donc une administration qui gère des tâches plutôt répétitives où le contact humain n’est pas absolument indispensable pour tout le monde.

Mais l’étude va beaucoup plus loin, puisqu’elle affirme que dans le domaine de la santé, plusieurs dizaines de milliers d’emplois pourraient être remplacés dans le système public. Des collectes basiques d’information, mais aussi des premiers diagnostics et même des interventions médicales les plus simples pourraient être réalisés par ces machines intelligentes. Les auteurs pensent que les services publics vont devoir totalement se réorganiser, se transformer, avec le développement de logique de plate-formes, publics ou privées.

Les auteurs affirment même que les services publics britanniques pourraient devenir le prochain Uber, sous-entendu une gigantesque plateforme faisant travailler une multitude d’indépendants, médecins ou enseignants.

Fantasme ou réalité ?

Nous sommes bien entrés dans une phase où des machines peuvent concurrencer les humains, non seulement pour des tâches manuelles, mais aussi pour des tâches intellectuelles, qui commencent à être assez sophistiquées, grâce à l’intelligence artificielle. La défaite récente du champion coréen du jeu de go, face à des algorithmes de "Deep Learning" en est une illustration frappante.

On sait que ce type de machines commence à être expérimenté avec succès dans les métiers de l’audit ou du droit, et même de la banque. Dans une grande banque française par exemple, de premières expérimentations sont même faites auprès des conseillers clientèles, les robots classent leurs e-mails, émettent des ordres de priorités, génèrent même des réponses ou des opérations. C’est le tout début mais nous sommes bien engagés dans une nouvelle révolution du travail qui va bouleverser et surtout transformer l’emploi.

Il y aura donc des destructions et des substitutions. Mais toute l’histoire économique a montré jusqu’ici que ces mutations généraient à moyen terme bien plus d’emplois que ceux qui auront été détruits ou transformés. L’économiste Joseph Schumpeter avait appelé ce mouvement "la destruction créatrice".