Le décryptage éco. Assurance chômage : réformer fermement sans braquer les syndicats

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Muriel Pénicaud , ministre du Travail assure que le gouvernement ira plus loin que ce que proposent les partenaires sociaux sur certains points. Des propositions avec quelques nouveautés, mais surtout la volonté de ne pas braquer les syndicats.

La ministre du Travail annonce dans un entretien au journal Le Parisien / Aujourd'hui en France, vendredi 2 mars, les grandes lignes de la réforme de l'assurance chômage. Muriel Pénicaud assure que le gouvernement ira plus loin que ce que proposent les partenaires sociaux sur certains points. Il y a donc quelques nouveautés, mais surtout la volonté de ne pas braquer les syndicats.

Le gouvernement entend suivre les grandes lignes de l'accord conclu le 22 février dernier par les partenaires sociaux, mais le texte ira plus loin afin, dit la ministre, afin de "créer de nouveaux droits au chômage".

Des gages donnés aux partenaires sociaux

Les ordonnances, d'abord : Muriel Pénicaud promet : "L'assurance chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au droit du Travail". C'est une grande nouveauté. La ministre du Travail confirme également qu'un droit à l'indemnisation chômage sera instauré pour les démissionnaires, sous réserve qu'ils aient un projet professionnel. La réforme prévoit également la création d'un droit aux indemnités chômage pour les travailleurs indépendants, artisans, commerçants, agriculteurs. La mesure sera financée par la CSG comme le souhaitaient également les partenaires sociaux. La contrepartie sera un renforcement du contrôle des chômeurs.

Autre objectif affiché de la réforme de l'assurance chômage, la lutte contre la précarité. Là encore, Muriel Pénicaud retient ce que proposent syndicats et patronat, alors que le gouvernement prévoyait de taxer, via un système de bonus-malus, les sociétés qui ont trop souvent recours aux contrats courts et précaires. Finalement, le bonus-malus ne concernera que les entreprises mauvaises élèves. Pas plus de détails pour l'instant.

D'autres chantiers de réforme en parallèle

S'agit-il pour autant d'un recul par rapport aux engagements de campagne d’Emmanuel Macron ? On pouvait s’attendre à plus ferme. Mais le contexte social a fortement évolué depuis la campagne et l'élection présidentielle. Il n'échappe à personne que le gouvernement est, en ce moment, engagé sur un autre front : celui de la réforme de la SNCF. De difficiles concertations s'engagent. Jouer les matamores sur tous les dossiers serait suicidaire pour le gouvernement.

Le prochain rendez-vous, désormais, est fixé au lundi 5 mars pour la formation professionnelle. Muriel Pénicaud entend réformer le système en profondeur. En faire un "big bang", selon ses propres termes. Le système de la formation professionnelle est financé par les entreprises, l'Etat et les régions, et approche 32 milliards d'euros pour des résultats loin d'être à la hauteur des espérances quand on voit le taux de chômage des jeunes. D'où le besoin de bousculer profondément les choses pour transformer et changer d'échelle.

Récemment, le président de la République Emmanuel Macron a utilisé le terme de "qualification" plutôt que "formation". La nuance est importante et l'enjeu est de passer d'une logique de quantité à une logique de qualité, en simplifiant des structures aujourd'hui opaques.

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