Le décryptage éco. Apprentissage : comment améliorer le système français ?

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Le nombre de demandeurs d’emplois est reparti à la hausse en mai avec 22 300 chômeurs supplémentaires. Parmi les nombreuses pistes explorées pour lutter contre le chômage figure celle de l’apprentissage, qui devrait s’inviter dans les débats avec les réformes que le gouvernement veut mettre en place.

Inutile de revenir sur les polémiques autour de l’utilisation de l’argent qui est consacré chaque année à l’apprentissage en France : près de 32 milliards d’euros en 2014, selon les derniers chiffres disponibles au ministère du Travail, répartis dans les multiples organismes de formation, le fonctionnement des syndicats, et trop d’opacité.

Le sujet reviendra sur le tapis car il est une piste sérieuse pour permettre à certains demandeurs d’emplois de remettre le pied à l’étrier, et surtout permettre aux plus jeunes de rentrer dans l’emploi. On comprend l’idée qui est de proposer une formation à celles et ceux qui sortent du système scolaire pour leur éviter de passer par la case chômage.

Dysfonctionnements chroniques

Notre système fonctionne mal car il ne répond pas, ou très mal, aux besoins des jeunes et des entreprises. C’est ce que montrent notamment deux des spécialistes des questions d’emplois en France, Pierre Cahuc et Marc Ferracci, dans une note rédigée pour le Conseil d’analyse économique, le CAE, qui conseille le Premier ministre.

Leur conclusion montre qu’en France, l’apprentissage s’est développé fortement dans l’enseignement supérieur, là où il a le moins d’effet sur l’emploi. En clair,  c’est l’enseignement supérieur qui profite le plus des moyens déployés pour l’apprentissage au dépend des jeunes diplômés, voire des exclus du système, les "décrocheurs", qui en auraient le plus besoin. Les effectifs d’apprentis ont quasiment doublé entre 1992 et 2015, et les moyens financiers ont augmenté de plus de 50%. Un brassage d’argent pas perdu pour tout le monde, mais loin d’être efficient. 

Pistes de réformes 

L'idée serait de refondre l’intégralité du système pour le rendre plus simple et plus transparent, afin d’inciter les différents acteurs, partenaires sociaux et entreprises, à développer l’apprentissage pour les jeunes, peu ou pas diplômés, dont le nombre ne cesse d'augmenter dans les chiffres du chômage. Ce système, qui semble assez logique, porte ses fruits aujourd’hui en Allemagne, en Autriche, en Suisse ou en Australie. En France, le rôle centralisateur  joué par l’Education nationale bloque l’évolution du système.

Si Emmanuel Macron tient toutes ses promesses de campagne, le développement de l’alternance (contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation) devrait prendre forme. Prenons date ?