Le décryptage éco. Air France : la proposition salariale de la direction mettra-t-elle fin au conflit ?

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Le nouveau patron d'Air France, Ben Smith, propose une augmentation de 4% sur deux ans. L’intersyndicalequi doit donner une réponse mardi. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

La nouvelle direction d’Air France propose une augmentation de 4% sur deux ans aux salariés. Est ce que cela va suffire à contenter les syndicats ? L’intersyndicale qui réunit une dizaine de syndicats devrait donner sa réponse mardi 9 octobre. Il faut garder en tète que les syndicats demandent au moins 5% d’augmentation collective. Pour eux, c’est le niveau minimum pour compenser le gel des salaires appliqué entre 2012 et 2017. Or Ben Smith, le nouveau patron d’Air France, arrivé en septembre, leur propose une hausse de salaire de 4% pour 2018 et 2019, étalés sur deux ans. Ce qui revient à faire deux fois 2%, avec un rendez-vous en octobre 2019 "pour parler de l'avenir".

Pour les syndicats, le compte n’y est pas tout à fait. Et pourtant, le puissant Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui est majoritaire chez les pilotes, a fait savoir que "le volume pourrait convenir", ce qui est plutôt de bonne augure et positif. Le SNPL a toutefois mis en garde sur l’incertitude qui plane sur les 2% de 2019. 2%, ça couvre à peine l'inflation et donc ça annule presque l’augmentation. Autant dire que les discussions les salaires sont loin d’être terminées.

Les syndicats veulent une vraie négociation

Ce conflit n’en finit pas d’empoisonner la compagnie aérienne. C’est ce sujet qui est à l’origine du départ avec fracas de Jean-Marc Janaillac, l’ancien PDG. Pour autant, pas de grève à l’horizon pour le moment : les syndicats veulent obtenir l’ouverture d’une vraie négociation sur les salaires. Car depuis le départ de Jean-Marc Janaillac, en mai dernier, les discussions sont au point mort. Et cette proposition de 4% sur deux ans ne s’est pas faite dans le cadre officiel d’une négociation, mais au cours d’une rencontre où il y avait à la fois des syndicats représentatifs et non représentatifs.

Reste que pour les syndicats, se braquer d’emblée alors que Ben Smith vient d’arriver est compliqué et risqué. Ils savent qu’ils auront du mal à mobiliser les salariés, surtout quand dans le même temps, le nouveau patron semble vouloir dénouer la situation.

Il y a quelques jours, Ben Smith s’est séparé du DG Franck Terner mais aussi de l’ancien DRH , Gilles Gateau, avec qui le dialogue avec les syndicats passait mal. Ben Smith a aussi cherché à donner des gages en arrivant, en investissant la moitié de sa rémunération dans Air France-KLM : Le geste avait été apprécié en interne.

Des marges de manœuvre réduites pour la direction

Air France a-t-elle les moyens d’accorder 5% d’augmentation ? C’est tout le débat. Ces derniers mois, le groupe a enregistré de bons résultats, mais la compagnie a pris du retard de compétitivité par rapport à ses concurrents. La masse salariale est un des principaux postes de dépenses et Air France, c’est 44 000 salariés.

Même si Ben Smith fait des gestes envers les syndicats, il reste donc très contraint économiquement. Il veut toutefois éviter d’entrer dans un conflit dur. Selon Air France, la quinzaine de jours de grèves de ce printemps a coûté 335 millions d'euros à la compagnie.

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