Le décryptage éco. Air France : ce bonus de 2 millions d'euros qui ne passe pas

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Aux Pays-Bas, cette prime de deux millions d’euros de bonus pour Ben Smith, le patron d’Air France-KLM, ne passe pas en raison des pertes de la compagnie aérienne et des aides publiques pour la sauver. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Aux Pays-Bas, c’est devenu une affaire politique. Le Parlement néerlandais a jugé ce bonus "immoral et injuste", voté une motion de rejet, et demandé à Ben Smith de renoncer à sa prime. Sous peine d’interdire toute nouvelle aide publique à Air France-KLM. Et la menace n’est pas à prendre à la légère :  KLM a déjà bénéficié l’an dernier d’un prêt de 3,5 milliards des Pays-Bas mais attend un nouveau coup de pouce de son gouvernement. En France, l’État a déjà largement volé au secours d’Air France : un soutien de 7 milliards d’euros en 2020, et il y a 15 jours Bercy a annoncé 4 milliards d'euros supplémentaires, dont une montée de l’État au capital de la compagnie de 14% à presque 30%.  

Ben Smith s'interroge 

On va voir si Ben Smith cède à la pression. Certes, le symbole choque mais en réalité, le dirigeant ne percevra pas 2 millions d’euros. Cette année, cette somme est en fait une prime, payable en actions, et soumise à de nombreuses conditions : comme ramener Air France-KLM dans le vert. Le déblocage de ce bonus, de toute facon, ne peut pas intervenir avant 2023, c’est dans le contrat.

Enfin, la compagnie se défend en expliquant qu’avec la crise, Ben Smith, comme les autres membres de la direction, a déjà fait des efforts en réduisant l’an dernier de 25 % son salaire fixe et en renonçant à sa part variable. 

En France aussi, ce bonus risque de faire grincer des dents

Pour l’instant, la France n’a pas réagi. Mais cette rémunération du patron promet de faire polémique : la direction d’Air France négocie en ce moment, avec les syndicats des mesures d’économies, qui comprennent notamment des baisses de salaires pour les employés. Sans oublier le plan de restructuration qui prévoit 4 900 départs d’ici deux ans.

Un contexte social difficile, donc et dans un ciel toujours plus sombre : mercredi 21 avril, l’Association  internationale du transport aérien a encore abaissé ses prévisions : avec les retards de vaccination, le trafic aérien mondial ne devrait pas dépasser 43% du niveau d’avant crise. 

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