Le décryptage éco. 10 000 euros de prêt garanti pour chaque jeune, est-ce réaliste ?

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Comment éviter une génération sacrifiée chez les jeunes ? La République en marche propose de donner 10 000 euros pour chaque jeune de 18 à 25 ans. Le décryptage de Fanny Guinochet.

C'est une idée de la République en marche. Le parti de la majorité propose de distribuer un capital de 10 000 euros à tous les jeunes, de 18 à 25 ans, quelle que soit leur situation – étudiant ou non – et quels que soient les revenus de leur famille. L’objectif est de donner les mêmes chances à tous de démarrer dans la vie. Le jeune pourrait utiliser ce prêt à taux zéro sans condition d’usage : pour payer ses frais de scolarité, financer un logement, créer son entreprise, etc.

Selon les projections de Stanislas Guérini, le délégué général de la République en marche, cet emprunt est sans risque car le remboursement se ferait sur 30 ans. Et il n’interviendrait que si la personne atteint un certain niveau de revenu, 1 800 euros brut par mois. Sinon ce serait cadeau, l’État effacerait l’ardoise. D’après ses calculs, ce dispositif concernerait cinq millions de jeunes. En plus du coup de pouce financier, il s’agit d’envoyer un message positif à cette génération sacrifiée par le Covid-19 et de l’aider à mieux affronter l’avenir.

Cela ressemble au revenu universel, mais Stanislas Guérini assure que cela n'a rien à voir car son idée n’est pas une allocation, mais bien un prêt remboursable. Quant au coût pour les finances publiques, la République en marche l’estime à 500 millions d’euros pour délivrer deux à trois milliards à une génération. Certains pays ont mis en place un système équivalent, en Australie, ou encore en Suède, où chaque étudiant dispose d’une aide. Le taux de défaut est assez bas. La plupart des jeunes, une fois insérés sur le marché du travail, remboursent. 

Une idée qui a peu de chances d’aboutir en France

Il est peu probable que de donner 10 000 euros pour chaque jeune de 18 à 25 ans soit appliqué dans notre pays, dans la mesure où le credo d’Emmanuel Macron a toujours été de conditionner le versement d’argent à un travail, une formation. c’est d’ailleurs son argument pour refuser le RSA jeunes. Reste qu’il y a un vrai besoin : avec la crise, les banques constatent toutes une hausse des demandes de prêts étudiants.

On le sait peu, mais il existe déjà pour les jeunes un prêt garanti par l’État à hauteur de 70% et plafonné à 15 000 euros. Pour en bénéficier, il faut avoir entre 18 à 28 ans et être inscrit dans l’enseignement supérieur. Seules quelques banques partenaires (comme la Banque populaire, ou le Crédit mutuel) sont habilitées à le délivrer. Mais, ce n’est pas automatique, les banques regardent votre dossier et puis surtout, quoi qu’il arrive, vous devez le rembourser.         

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