Le Covid relance le débat sur l’ouverture des magasins le dimanche : est-ce que ça va devenir la norme ?

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Les syndicats craignent que la crise du Covid fasse, à terme, éclater les temps de travail.

Depuis quelques semaines, certains magasins ouvrent déjà le dimanche, cela permet d’étaler les flux de clients mais aussi de compenser les pertes dues aux mesures sanitaires, le couvre-feu à 18 heures enlève par exemple 20% de chiffre d’affaires aux boutiques d’habillement. En novembre et décembre derniers, des dérogations au repos dominical avaient été largement accordées pour aider les magasins fermés pendant le deuxième confinement. D’où cette demande des grandes fédérations de commerçants pour ouvrir tous les dimanches, en février mais aussi en mars car ces ouvertures, aujourd’hui, ne sont pas automatiques.
Pour ouvrir le dimanche, il faut toujours une autorisation du préfet. Elisabeth Borne la ministre du Travail encourage les préfets à les donner mais dans plusieurs départements, ça tourne au bras de fer. Les syndicats, FO et CGT en tête, bataillent : le contexte sanitaire ne doit pas être un prétexte pour pérenniser le travail du dimanche, disent-ils. Ils dénoncent : "une façon déguisée de normaliser quelque chose d’exceptionnel."

Mais il faut aussi une concertation avec les syndicats. Le travail du dimanche doit toujours prévoir des compensations négociées avec eux. Ces compensations, c’est être payé plus, avoir des récupérations, se faire rembourser les frais de transports, etc. Et puis, le travail du dimanche, on le rappelle, est basé sur le volontariat,
En 2019, avant la crise, selon le ministère du Travail, un actif sur cinq travaillait déjà au moins un dimanche par mois, surtout des jeunes, des étudiants, mais aussi des femmes qui se portent plus souvent volontaires, car c’est plus facile de faire garder leurs enfants le dimanche que tard le soir ou tôt matin.

Les enseignes ouvrent souvent beaucoup plus tôt

Avec le Covid, la plupart des Monoprix, Carrefour , Auchan, accueillent les clients dès 7 heures, 7h30, ce qui veut dire du personnel sur site bien avant et là aussi, les syndicats dénoncent une fuite en avant des horaires. Ils craignent que la crise du Covid fasse, à terme, éclater les temps de travail qui est pourtant la base de notre Code du travail. Tout le monde est concerné ansi que les télétravailleurs, pour qui les limites entre vie professionnelles et personnelles sont si difficiles à poser.
Philippe Martinez de la CGT a la solution : "Il faudrait inventer un huitième jour de la semaine."

  

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