La Grèce en mouvement à six jours des élections législatives

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C’est une semaine décisive qui s’annonce pour la Grèce : tout le monde semble jouer à se faire peur à six jours d’élections législatives cruciales. Pourtant, en coulisses, beaucoup de choses sont en train de bouger pour la Grèce.

Si l’on ne tend qu’une oreille, on a franchement l’impression que se prépare un nouveau drame grec : la coalition au pouvoir qui réunit des conservateurs et des socialistes, très sur la défensive, tient un discours alarmiste sur la précarité financière d’ailleurs bien réelle, du pays ; le parti d’extrême gauche, Syriza, toujours en tête des sondages, réclame aux électeurs un mandat clair dimanche prochain pour pouvoir mieux dénoncer l’austérité cruelle imposée par la troïka, c’est à dire Bruxelles, le FMI et la banque centrale européenne. La BCE par la voix de son président récuse officiellement tout compromis sur la dette grecque. Bref chacun joue sa partition, montre ses gros bras, comme si la Grèce menaçait de sortir de l’euro. 

Les Grecs ont fait des efforts aussi colossaux que douloureux

Je ne dirai pas qu’il n’existe pas, mais dans la réalité, chacun œuvre, en fait, en coulisse pour que le réalisme l’emporte, et quelques soient les résultats des élections. Pour la politique, les Grecs choisiront qui ils veulent et il y a encore beaucoup d’électeurs indécis. Mais une poignée de responsables politiques et monétaires à Bruxelles, Francfort mais aussi à Athènes s’activent en coulisse pour trouver une solution au problème de la dette grecque. Les plus lucides s’accordent quand même à reconnaître qu’il y a une sérieuse anomalie dans cette affaire : les Grecs ont fait des efforts aussi colossaux que douloureux, la Grèce a fait des progrès très nette en matière de bonne gestion de son Etat, la croissance revient, mais le fardeau de la dette, lui, n’a pas cessé de s’alourdir : le poids de la dette grecque est passé de 110 à 175% du Pib, c’est à dire de la richesse nationale, entre 2010 et 2014. Elle pèse désormais plus de 320 milliards d’euros. Cela prouve bien qu’il y a bien quelque chose qui cloche dans le remède de cheval qui a été imposé à la Grèce.

Les Européens et le FMI vont faire un geste

Devant l’évidence, les esprits sont en tous cas plus ouverts : c’est le gouverneur de la banque de France qui a vendu la mèche en expliquant dans les colonnes d’un journal allemand qu’il pouvait paraître opportun pour les gouvernements européens de rééchelonner la dette, bref de donner plus de temps à la Grèce pour rembourser. En sachant que c’est d’abord l’Union européenne et le FMI qui devront faire un effort, plus que la Banque centrale. Vu la faiblesse des taux d’intérêts, repousser les échéances ne couterait pas cher aux créanciers. Un banquier central ne parle jamais au hasard, il faut donc le prendre au sérieux.

Des négociations vont commencer dès le lendemain des élections

C’est le plus probable. Plusieurs responsables européens ont envoyé un message aux grecs : ce qui n’était pas négociable hier peut-l’être désormais. Pour une autre raison simple : Bruxelles et Francfort ont compris que leur intransigeance risquait de contraindre les Grecs à décider de s’alléger eux même d’une partie de leur dette en déclarant qu’elle ne serait pas remboursée. Or un défaut, sur la dette grecque, même partiel, coûterait très cher à l’Allemagne, à la France et à quelques autres. Ainsi, il n’est pas exclu que le bon sens finisse enfin par triompher.

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