La Grande-Bretagne veut sortir de l'UE. Quelles conséquences ?

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Le premier ministre britannique David Cameron effectue une tournée dans les capitales européennes pour préparer son référendum sur l’appartenance du Royaume Uni à l’Europe. Un projet qui sera officiellement formalisé aujourd’hui lors du traditionnel discours de la Reine devant le Parlement britannique.

Le sujet est extrêmement controversé, pour ne pas dire explosif, à Londres comme à Bruxelles, les deux camps mobilisant bien sûr des chiffres totalement contradictoires. D’abord si ce référendum avait lieu aujourd’hui, les sondages accordent une courte victoire du oui au maintien dans l’Union, mais il y a tant d’indécis que tout pronostic est en fait extrêmement périlleux. D’autant plus qu’on ne sait pas encore la date de cette consultation, ni surtout si David Cameron obtiendra de ses partenaires quelques concessions qui pourraient affaiblir les arguments des eurosceptiques, arguments qui sont d’ailleurs sont plus politiques qu’économiques. Car au plan économique, la Grande Bretagne profite tout à fait de son statut et de sa situation, un pied dedans, un pied dehors : membre de l’Union, sans être membre de l’euro : la Grande Bretagne est désormais la cinquième économie mondiale, devant la France qu’elle a dépassée cette année. Et le pari de rester à l’extérieur de l’euro s’est révélé gagnant puisque le Pib britannique a progressé de 60% depuis le traité de Maastricht contre seulement 38% pour la zone euro.

Est-ce qu’une sortie de l’Union pourrait menacer ces bons résultats ?

Assurément. C’est ce que disent en tout cas tous les économistes sérieux et la plupart des chefs d’entreprises britanniques qui savent bien que  l’Union européenne, c’est plus 50% de leurs débouchés. 3 millions et demi d’emplois dépendent ainsi des exportations vers le continent. Que se passerait-il si demain des droits de douanes étaient instaurés ? Plusieurs des grandes banques mondiales et grandes industries ont déjà fait savoir qu’en cas de sortie de l’union, elles déménageraient leur siège européen aujourd’hui installé à Londres pour le transférer sur le continent. Et comme il n’y a rien de plus volatile que l’argent, les investisseurs et les hedges funds n’auraient aucun mal à s’envoler eux pour l’Asie, portant un coup décisif à la City, la place financière de Londres qui est aujourd’hui le grand atout et le poumon économique et financier du Royaume Uni. Autant de raisons qui font dire à l’ancien premier ministre Tony Blair qu’une sortie de l’union provoquerait un « véritable chaos ».

Mais on entend pourtant aussi quelques voix dire qu’une sortie de la Grande Bretagne pourrait profiter à l’Europe ?

Alors il s’agit vraiment de quelques voix très minoritaires, comme Michel Rocard, ou l’UMP Laurent Wauquiez, avec des arguments différents. Est-ce qu’un départ de l’Union permettrait à l’Europe d’avancer plus vite sur la voie du fédéralisme ? C’est en réalité très improbable car il y a bien d’autres résistances aujourd’hui. La vérité, c’est que l’Europe profite de la présence britannique, la vérité, c’est aussi que les risques paraissent si importants pour la Grande Bretagne qu’on se demande encore comment David Cameron a pu avoir l’idée de jouer ainsi l’avenir de son pays à un jeu aussi dangereux, un jeu qui ressemble bien à une roulette russe, avec plusieurs balles dans le barillet.