L'inlassable guerre des deux gauches

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A gauche, deux lignes de politique économique continuent de s’affronter : On a entendu d’un côté ce dimanche Martine Aubry, prendre officiellement la tête des frondeurs et de l’autre côté les tenants de la gauche plus libérale qui sont aux responsabilités. Ce n’est pas vraiment nouveau.

C’est bien un nouvel épisode de l’inlassable guerre des deux gauches qui se rejouent encore, une vieille querelle qui n’a jamais été vidée, comme si la conquête du pouvoir par les socialistes en 1981 n’y avait rien changé, comme si le monde aussi, n’avait subi aucune transformation. A gauche, Martine Aubry réclame une réorientation de la politique économique, dans un registre le plus classique. Pour l’ancienne ministre de Lionel Jospin, l’économie, c’est d’abord de la politique, et elle adresse ainsi son message, avant tout aux électeurs et à l’appareil du parti socialiste. Martine Aubry, cible clairement Emmanuel Macron, en lui répondant à une semaine d’interval, dans le même journal dominical qu’avait choisi le ministre pour défendre sa politique. Pas de hasard, ce ministre est en train de marquer des points, comme le souligne d’ailleurs ce matin un sondage qui démontre qu’il a, aux yeux des Français, réussi son entrée en politique.

Sur quoi se cristallise aujourd’hui le débat entre ces deux gauche ?

Martine Aubry part de deux constats, tout à fait audibles : 1 – « On ne mobilise pas un pays, dit-elle, sur la seule gestion financière, on doit donner la destination du voyage ». C’est une belle formule, et c’est difficilement contestable. 2 – La France et l’Europe n’ont pas le bon réglage de politique économique au moment même où la stagnation menace : cela aussi peut, tout aussi légitimement, faire débat, notamment avec nos partenaires européens.

C’est ensuite que l’affaire se corse : l’arbitrage que Martine Aubry réclame sur les déficits et la croissance, le gouvernement l’a déjà rendu et c’est d’ailleurs ce qu’on lui reproche dans plusieurs capitales européennes : La France a bien décidé de laisser filer ses déficits, et donc de limiter les économies, puisque les dépenses publiques continueront d’augmenter en 2015.

Martine Aubry réclame un autre rééquibrage : donner moins d’argent aux entreprises pour en donner plus aux collectivités locales pour investir…

Oui, et ce n’est la logique du gouvernement qui demande aux collectivités de faire des économies de fonctionnement pour contribuer à financer l’investissement. Pour Hollande et ses ministres, ce sont les entreprises qui créent avant tout de l’emploi et ce débat, François Hollande l’a tranché il y a dix huit mois.

On retrouve là, classiquement, la guerre des deux gauches : pour Martine Aubry, l’essentiel passe toujours par l’Etat et les collectivités publiques ; Et pour la deuxième gauche, incarnée désormais par Hollande, Valls et Macron, les entreprises sont au cœur du redressement de la France. En ce sens, les deux gauches ont continué ce week end leur dialogue de sourds, comme aux plus belles heures des années 80, les uns parlant au parti et les autres à la société et à nos partenaires européens.

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