L'Allemagne rallonge de 10 milliards d'euros son programme d'investissement public

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Une fois n’est pas coutume, deux bonnes nouvelles ce matin pour l’économie française et européenne, et surprise, elles viennent tous les deux d’Allemagne.

Mais oui, tout arrive, et ces deux bonnes nouvelles viennent effectivement de Berlin et de Francfort et nous devrions tous enfin en profiter. De Berlin d’abord, vous savez que l’Allemagne est depuis plusieurs mois sous pression, pas seulement de la France, mais de toutes les grandes institutions économiques ou financières, le FMI, l’OCDE, des banques centrales étrangères, pour qu’elle investisse massivement. Pour une raison : l’économie européenne est en panne de carburant, et en panne d’investissement, et elle ne peut pas globalement mobiliser davantage les dépenses publiques de ses Etats qui sont déjà au maximum. Tous les regards se tournaient donc vers l’Allemagne, pas seulement en raison de poids économique, 20% de l’Union européenne, mais parce qu’elle a les moyens de relancer l’investissement, rappelons que son déficit public sera nul en 2015. Et bien hier, le ministre des finances allemand, Schauble a enfin fait mouvement : oui, l’Allemagne va rallonger de 10 milliards d’euros son programme d’investissement public. Et ces 10 milliards vont servir de levier : ils vont ainsi générer 50 milliards d’investissements privés. Donc avec 60 milliards au total, l’Allemagne prend toute sa part du programme d’investissement de 300 milliards promis par le nouveau président de la Commission européenne. C’est une très très bonne nouvelle.

A cette bonne nouvelle, s’en ajoute une autre et elle vient de la banque centrale européenne, cette fois

Cette seconde bonne nouvelle vient de Francfort, mais c’est un italien qui l’annoncé hier, le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi. Vous savez en économie, et surtout chez les banquiers centraux, les mots ont toutes leur importance, ils peuvent même faire des miracles. Et c’est ce qui s’est passé hier. Mario Draghi a déclaré que la banque « préparait de nouvelles mesures au cas où elles s’avèreraient nécessaires ». En clair : la BCE va continuer sa politique de soutien massif au crédit et à l’économie et elle pourrait même utiliser de nouveaux moyens considérables tout à fait non-conventionnels, c’est à dire pas prévu dans ses statuts ou sa culture, pour faire face à la crise, des rachats de dettes d’entreprises et peut-être même donc de dette souveraine des Etats. Et Draghi a ajouté l’air de rien que ces rachats d’actifs allaient avoir un impact notable sur le bilan de la banque, un impact de plus de 1000 mds d’euros. C’est exactement ce qu’attendaient les marchés financiers, mais aussi la plupart des capitales européennes, sans plus y croire.

Mais concrètement est-ce que tout ça va marcher ?

C’est un peu tôt encore pour l’affirmer à coup sûr. Mais en tout cas, ces deux décisions consacrent la victoire du pragmatisme. Et ça c’est une autre bonne nouvelle pour l’Europe et donc pour la France. Maintenant, il faut que chaque Etat fasse ce qu’il a à faire, et vous connaissez la suite.