Et revoilà la réforme des retraites avec une proposition du Sénat

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La réforme des retraites revient. Ce week-end au Sénat, la droite a proposé de repousser l’âge de départ à 63 ans. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Travailler plus longtemps pour avoir une retraite pleine : ce week-end, à l'occasion de l’examen du projet de budget de Sécurité sociale au Sénat, la droite a déposé un amendement pour reculer progressivement l'âge légal de départ jusqu'à 63 ans en 2025,  c’est-à-dire d'ici cinq ans.

En plus de jouer sur l’âge, elle propose aussi de revoir le nombre de trimestres, et d’accélérer l'allongement de la durée de cotisations pour atteindre 43 annuités dès la génération 1965.  

Agir vite

Il y a urgence, selon la droite, à s’attaquer au déséquilibre financier des régimes. Avec le Covid-19, les comptes du système sont plus que jamais dans le rouge. Il y a un mois, le Conseil d’orientation des retraites, le COR, a donné une première estimation à 25 milliards d’euros de déficit pour 2020. Et pour les années à venir, les projections sont alarmantes.

Pour les sénateurs de gauche, et de la majorité, ce n’est vraiment pas le moment , en pleine crise sanitaire, économique et sociale ; de parler des retraites. Ils ont voté contre avec 118 voix mais les Républicains, avec le soutien des centristes, ont réuni 200 voix pour. 

Cette proposition du Sénat a-t-elle des chances d’aboutir ?

Non, même si le Sénat est majoritairement à droite, elle ne survivra pas à la navette parlementaire. Mais cela montre bien que malgré la crise, la réforme des retraites est loin d’avoir disparue. Ce sera probablement un des sujets de la campagne présidentielle de 2022 portée par la droite, mais pas que. Par exemple, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, en parle très souvent. Quand on lui demande comment la France fera pour rembourser les milliards dépensés pour le Covid, il répond que des efforts seront nécessaires pour maîtriser les dépenses, et cite presque à chaque fois la nécessité de réformer les retraites.

Emmanuel Macron n’a jamais complètement enterré sa réforme. L’Elysée attend le rapport définitif du COR, le  jeudi 26 novembre prochain, pour se prononcer.

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