Encadrer le salaire des grands patrons : la promesse oubliée

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Encadrer le salaire des grands patrons, promesse de campagne oubliée du candidat Hollande et une nouvelle fois illustrée par le salaire du PDG de Renault, Carlos Ghosn, salaire encore une fois astronomique.

Carlos Ghosn va toucher pour 2015 un  peu plus de sept millions d’euros rien que chez Renault, c‘est juste un petit 0,5 % d’augmentation, presque la même somme qu’en 2014. Ce salaire 2014 avec son augmentation de 170 % avait déjà fait polémique, pour rien, il faut bien le dire. Le PDG de Renault n’est pas le mieux payé des patrons de grandes entreprises françaises, il est 9ème sur 123. Il ne percevra qu’une partie de la somme, le reste, est converti en action, mais tout cela demeure énorme. D’autant qu’à la rémunération de Renault s’ajoutera celle de Nissan. En 2014, c’était huit millions, on verra en juin. En tout, ça fera donc plusieurs centaines de SMIC. Au moment où le gouvernement réécrit le code du travail plus y instiller davantage de flexibilité, davantage de précarité diront certains, ce salaire peut sembler indécent.

Renault sorti du marasme

Comme Peugeot, Renault a surmonté la crise de 2008. L’an dernier, le bénéfice de Renault a bondi de 48 %, à trois milliards d’euros, belle performance. C’est plutôt bon signe pour le secteur automobile. Tout cela en gelant les salaires, en augmentant le temps de travail, et à coup de restructuration. 7.500 postes disparus en France sur quatre ans, le plan s’achève cette année, il concerne les départs en retraite et en pré-retraite, désormais à la charge des comptes sociaux. Les salaires sont toujours gelés malgré le versement d’une petite prime de 400€ en fin d’année, quelques augmentations individuelles, et l’embauche de 1.000 CDI. L’entreprise travaille toujours en flux tendu avec l’obligation d’être toujours plus compétitive. La question du salaire du patron, sans faire café du commerce, évidemment ça peut fâcher.

L’encadrement des salaires des patrons, une idée qui a fait pschitt

Comme la courbe du chômage qui vient à nouveau de plonger, l’encadrement du salaire des patrons est un échec pour le gouvernement Hollande. Dans les premiers mois du quinquennat, il y a bien eu un décret pour limiter à 450.000 € brut le salaire des patrons, mais il ne concerne que les seules entreprises publiques. Dans le privé, rien du tout. Le cas de Renault est particulier : ce n’est plus une entreprise publique depuis bientôt 30 ans, mais l’Etat y est actionnaire à hauteur de 20 %. Le conseil d’administration devra se prononcer sur cette rémunération de Ghosn fin avril. Un an avant les élections, que dira l’état actionnaire qui va aussi toucher des dividendes. Ça serait étonnant qu’il se fâche. La promesse du candidat Hollande de légiférer aussi sur les rémunérations des patrons du privé à fait pschitt depuis longtemps. Le code de bonne conduite arraché au MEDEF qui prévoyait un écart salarial de un à 20 dans les entreprises privées doit caler un meuble quelque part. Pendant la maigre reprise économique en France, les gros salaires continuent donc de lever le doigt.

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