Emploi : il y a urgence pour les jeunes

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Comment ouvrir le marché du travail aux jeunes ? La question semble bien incongrue, tant elle est rabâchée depuis des années, et sans qu’aucune solution ne s’impose. Elle est pourtant au cœur du débat, à l’heure de la publication de nouvelles mauvaises statistiques du chômage en octobre.

Le plus inconvenant est de parler d’ ‘’urgence’’ ou de  ‘’priorité’’ pour l’emploi des jeunes. Depuis le temps que la question est posée sans jamais trouver de solution… les principaux intéressés n’y croient plus. Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour déceler trois maux :  formation, entreprise et salaire !

La formation

Chaque année, entre 120.000 et 150.000 jeunes décrochent et sortent du système scolaire sans formation. Ces jeunes sont passés par le collège unique destiné à leur donner un "socle commun" – le collège unique est né en 1975, il est toujours en vigueur.

Mais avec l’échec du primaire, se retrouvent mélangés au collège des élèves dont les niveaux sont différents. Tout le monde est sur la ligne de départ, mais les conditions familiales, sociales et financières créent des disparités qui s'accroissent avec le temps. Faut-il  revoir le principe du collège unique, et si oui, comment ?

Le monde de l’entreprise

Deux moyens d’appréhender le sujet : inviter les jeunes à créer leur propre emploi à travers leur propre société ; voir l’entreprise comme simple employeur avec, en filigrane, la question de la rémunération.

Faut-il pousser les jeunes à créer leur propre emploi via leur propre entreprise ? Pourquoi pas… mais attention. Tous les jeunes n'ont ni les moyens, ni les facultés de se lancer dans l'aventure. Il faut les aider financièrement et les accompagner. Cela appelle une mobilisation générale de tous les acteurs politiques, économiques et sociaux. Mais l’immense majorité des jeunes aspire à un travail salarié sécurisant.

La question du salaire

Au cœur du débat : le SMIC. Faut-il créer un "SMIC jeune", un salaire minimum plus souple qui, d’un côté, faciliterait l'embauche, et de l’autre inciterait le jeune non qualifié à entrer sur le marché du travail en y trouvant son compte progressivement ?

Pourquoi ne pas imaginer un SMIC jeune composé d'une part rémunératrice d'un travail prise en charge par l'employeur, et d'une part  "aide au logement" prise en charge par la collectivité ? Un logement facile c'est une mobilité facile. Or, on sait combien la mobilité est importante dans la lutte contre le chômage.

Nous sommes au cœur du débat. Nombreuses sont les forces de propositions parmi les think tanks et autres structures : le Cercle des économistes, Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, l'Ifrap. Chacun  (entreprises, partenaires sociaux, décideurs politiques) doit s’emparer du sujet, loin de toute idéologie. C’est ce qui est le plus difficile dans cette aventure commune.