Décryptage éco. Airbus et Dassault Aviation développeront ensemble le futur avion de combat franco-allemand

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Les deux rivales historiques construiront ensemble un avion de combat nouvelle génération, qui sera une véritable alternative au F-35 américain.

Alors que se tient le salon aéronautique de Berlin, Airbus et Dassault Aviation ont annoncé qu’ils allaient développer ensemble le futur avion de combat franco-allemand. Et c’est historique : les deux entreprises, Dassault, française et Airbus, franco-allemande, qui faisaient figures d’éternelles rivales, annoncent là un partenariat industriel de grande ampleur. L’accord devrait être scellé en grande pompe, aujourd’hui, à Berlin, par la ministre des Armées françaises Florence Parly et son homologue allemande.

Une alternative au F-35 américain

Il s’agit de construire ensemble un avion de combat nouvelle génération, qui sera une véritable alternative au F-35 américain. L’objectif étant même de créer à horizon 2040 un "système de combat aérien du futur européen", le Scaf, qui comprendra des avions de surveillance, des drones, de futurs missiles de croisière. Le tout dans un réseau connecté à des satellites, des systèmes de l'Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.

De prime abord, le rapprochement n’allait franchement pas de soi : les deux industriels avaient chacun leur avion de combat respectifs, l'Eurofighter pour Airbus, et le Rafale pour Dassault. Du côté de Dassault, l’avionneur travaillait avec les Britanniques sur un projet de drone de combat. Mais en janvier, les Britanniques ont lâché le projet pour des raisons économiques : Dassault s’est retrouvé seul. Et du côté d’Airbus, la stratégie, ces derniers mois, est plus que jamais de contrer les Américains. D’où l’idée d’un partenariat pour faire contrepoids.

Business en vue pour la filière

Ce sont d’abord les politiques, à l’occasion d’un conseil des ministres franco-allemand, l’été dernier, qui ont lancé, le principe d’un système de combat aérien européen. Mais nous n’en savions pas plus. Dans cette affaire, les intérêts sont en effet autant politiques qu’économiques. Pour les deux géants de l’aéronautique, c’est en effet l’assurance de renforcer encore leur position. Avant cette annonce, Dassault Aviation anticipait pour 2018 un chiffre d'affaires proche de cinq milliards d'euros enregistrés en 2017. Quant à Airbus, malgré ses turbulences judiciaires, le groupe a affiché 67 milliards d'euros de chiffre d'affaires l’année dernière !

Cette alliance profitera à nombreuses entreprises du secteur, comme Safran, Thales et les autres sous-traitants. Et surtout, comme l’accord devrait aller bien au-delà d'une simple coopération franco-allemande resserrée dans le militaire et l'aéronautique ; et concerner aussi le spatial, l'innovation technologique, des entreprises de l’électronique, de l’intelligence artificielle et de la high-tech vont aussi en profiter.

Cette alliance sera-t-elle pour autant facile à mettre en place ? C’est "la" question ! Car subsistent encore plusieurs sujets sensibles à régler, dont la répartition précise des rôles entre les industriels français et allemands. Dassault tient absolument à être le maître d'œuvre et devrait l’obtenir. Airbus, de son côté, n’entend pas non plus jouer les seconds rôles.