Davos joue les Cassandre

Au sommet de Davos, en Suisse, pendant trois jours, quelques 40 chefs d’État et de gouvernements et 2.500 leaders économiques et leaders d’opinion se penchent sur l’avenir économique de la planète. Et en particulier sur la 4ème révolution industrielle qui va bouleverser le monde du travail et pourrait détruire cinq millions d'emplois dans le monde.

On peut remballer les planètes alignées, les taux d’intérêts, le pétrole et l’euro bas, et tous ces plans pour booster la croissance et l’emploi dans l’avenir. Selon un rapport présenté au World Economic Forum, la 4ème révolution industrielle, ça va secouer très fort et c’est pour aujourd’hui. Cinq millions d’emplois détruits dans les cinq années à venir dans 15 pays développés, c’est ce que prévoit le document qui fait froid dans le dos. Il s’intitule " The futur of jobs"  et pour faire court, le futur est un peu compromis car ce rapport nous annonce une destruction de quatre millions 700 mille  emplois de bureau et d’emplois administratifs, autant dire que ça n’est pas le moment de faire secrétaire. Et un million six dans la fabrication et la production. Des métiers dont nous n’aurons plus besoin dans cette économie 4.0. Le monde du travail va changer, on aura besoin de nouvelles compétences, le modèle de l’entreprise va être bouleversé et les sociétés aussi. Bref, à Davos, l’avenir est compliqué.

Qu’est-ce que la 4ème révolution industrielle ?

C’est déjà parti, y compris en France avec des usines super-informatisées qui fonctionnent en réseau avec des programmes pour réguler les tâches de production, celles qui utilisent des imprimantes 3D, des drones, du Big data, des nanotechnologies, de la robotique et j’en passe. Cette quatrième révolution industrielle vient après la machine à vapeur, l’électricité et l’électronique. C’est la révolution de l’internet bien au-delà, de ce qu’on connaît aujourd’hui. Du coup, on aura besoin d’ingénieur et de mathématiciens, d’architectes et  de cadres, et de vendeurs, de spécialistes. Pour le reste bye-bye les emplois traditionnels. Résultat, le chômage va continuer d’augmenter avec un fossé encore plus grand entre hommes et femmes. Les gouvernements devront en prendre la mesure rapidement. Les pays touchés, pêle-mêle : le Japon en premier lieu, la Turquie, l’Allemagne deux fois plus que la France et la France deux fois plus que les USA, la Chine aussi. Bref, ça n’est pas la fin du travail mais un changement des modes de travail avec un impact social que les Etats devraient mettre une dizaine d’années à digérer.

Sombre Forum

En plus de prédictions sombres que fait ce rapport, il y aura au menu l’atterrissage brutal de la Chine dont on ne connait plus vraiment le niveau de croissance, la baisse du pétrole et des matières premières, la bulle financière qui se reforme. Et ces dernières prévisions du Fonds Monétaire International qui nous annonce une croissance 2016 au plus bas depuis 25 ans. Le changement dans le travail, que prévoit ce rapport sur l’économie 4.0 se fera donc dans un contexte particulièrement défavorable. Et même si ce changement a déjà commencé, et pas seulement dans l’industrie 4.0, mais aussi avec l’ubérisation, les start-up, on ne sait pas trop encore ce que seront les emplois de demain. Manuel Valls, qui sera présent au World Economic Forum, dit que Davos, c’est  "the place to be", l’endroit où il faut être, c’est plus que jamais vrai, et c’est surtout le moment d’écouter, de comprendre et de réfléchir vite aux enjeux du monde demain.

Rapport WEF