Croissance : vive bataille à Bruxelles

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Dernière bataille en coulisses à Bruxelles pour le grand plan d’investissement de 300 milliards d'euros qui doit relancer la croissance. Y a t-il une chance que ça marche?

Si la bataille est vive à Bruxelles, c’est précisément parce que l’enjeu est important. Vous le savez, l’Europe est la zone économique la plus déprimée, elle est menacée par la stagnation. L’Europe ne se remet toujours pas de la crise de 2007. Il y a un indicateur qui résume mieux que tous les autres cette situation, c’est l’indicateur de richesse, le PIB par habitant : en moyenne, l’Union européenne n’a toujours pas retrouvé le niveau de richesse par habitant qui était le sien en 2007, il y a 7 ans.

C’est dire la violence de cette crise qui n’en finit pas. Alors on se demande, mais pourquoi la croissance est repartie de plus belle aux Etats-Unis et pourquoi la croissance n’est toujours pas revenue en Europe? Et bien il y a une 2ème indicateur qui dit tout : aux Etats-Unis, l’investissement est reparti tout de suite, grâce à cette confiance dans l’avenir qui nous fait tant défaut. Et en Europe, non seulement l’investissement productif n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2007, mais il est même 20% plus bas qu’en 2007.

Ne cherchez pas plus loin, ce blocage, cette panne de l’investissement, est la grande cause de la stagnation européenne : il n’y a plus de carburant dans le moteur européen.

 

Le plan Juncker : 300 milliards d’investissement

 

Il était tant que l’Europe réagisse. On connaîtra lundi les grandes lignes du plan Juncker. Mais on a entendu hier Emmanuel Macron réclamer que ce plan, ce soit de "la nouvelle monnaie". Sa crainte, en clair, c’est que l’Europe se contente de recycler des fonds anciens et manque d’ambition.

C’est tout l’objet de la négociation de ces prochaines heures. Dans l’esprit d’Emmanuel Macron, il faut réunir entre 60 et 80 milliards de ressources publiques nouvelles ; cette somme permet un vrai effet levier, qui entraine ensuite  l’investissement privé et permet ainsi d’atteindre les 300 milliards d'euros promis.

Pour ça, il faut que certains pays, ceux qui le peuvent, mettent la main à la poche et pourquoi pas que l’Union européenne, qui elle n’est pas endettée, emprunte une partie de l’argent. Mais à Bruxelles, on pense que réunir seulement 30 milliards suffirait à mobiliser l’investissement privé. En tout cas, il est déjà acquis que ce plan s’appuiera sur un nouveau fonds, une sorte de facilité de caisse européenne d’investissement, mais les négociations continuent.

 

Où cet argent va t-il être investi?

Les infrastructures, les transports, la transition énergétique, les télécommunications, l’économie de la connaissance, bref tout ce qui peut être porteur de croissance à court terme mais aussi à moyen terme. Ce plan va relancer la demande, ça c’est l’urgence, le court terme, mais il peut aussi rénover l’offre, aider à la montée en gamme de l’économie européenne.

Ainsi, ce fameux plan pourrait réconcilier les partisans d’une politique de la demande, et les tenants d’une politique de l’offre, l’une des plus vieilles querelles du débat économique.

 

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