Croissance éco : Bruxelles plus optimiste que le gouvernement ?

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Le retour de week-end du 1er mai est placé sous de bons auspices. Outre la signature du contrat Rafale au Qatar, la Commission européenne dévoile ses prévisions économiques de printemps mardi 5 mai. Cela serait plutôt bon pour la France.

C’est le printemps, ça bourgeonne. Si l'on en croît le Journal du Dimanche, Bruxelles serait plus optimiste que le gouvernement.

Alors que la prévision initiale pour 2015 fait état d’une croissance de 1%, la Commission pourrait pousser le curseur à 1,1%, suivant en cela les prévisions également plus optimistes de l'OCDE, l'Organisation de Coopération et de Développement Economique.

Dimanche soir, ni Bercy ni Bruxelles ne souhaitaient faire de commentaire. Ni confirmation, ni infirmation. Pas de démenti, c'est plutôt bon signe.

Peut-on vraiment dire pour autant que la "machine" repart ?

Loin de moi l'idée de jouer les Cassandre. Ne boudons pas notre plaisir, qui plus est le jour de la signature d'un nouveau bon contrat pour Dassault et la France. Contrat qui lui aussi – une fois les sous encaissés – impactera de manière positive la croissance en gonflant sensiblement notre Produit Intérieur Brut (notre indicateur de richesse nationale).

Mais pour ce qui est de la prévision de Bruxelles pour la France, attention demain de ne pas pousser les cocoricos trop rapidement et surtout trop fort.

Ce 0.1% de croissance supplémentaire, ce sont seulement deux petits milliards d'euros en plus pour l'économie française dont un milliard repartira dans les caisses de l'Etat en taxes et impôts divers.

Avec 1,1% de croissance au total, nous resterions de toute façon très loin des 2,7% retrouvés par nos voisins britanniques, encore plus loin des 4,8% enregistrés par l'Irlande. Qu'importe. Le mouvement est là, et il convient de le choyer.

C’est tout une dynamique qu'il faut entretenir

Oui car ne nous trompons pas : ce frémissement, nous le devons plus à ce que l'on appelle aujourd'hui par effet de mode "l'alignement des planètes" que par notre politique économique.

L'alignement des planètes ce sont trois facteurs : l'euro bas qui favorise nos exportations, le faible prix du pétrole qui rend l’énergie moins chère et les taux d'intérêts européens proches de zéro qui facilitent le crédit.

Gare au réflexe très tentant du "ça va mieux, donc relâchons’’ la bride après la rigueur.

Chaque fois qu'un gouvernement bénéficie d'une conjoncture favorable, se pose la question de savoir comment utiliser les marges de manœuvres dégagées. Souvenons-nous de la fameuse cagnotte Balladur (ministre des Finances entre 1986 et 1988), mieux : la période bénie des 3 et demi % de croissance sous Lionel Jospin à Matignon en 1999 en pleine cohabitation avec Jacques Chirac.

Aucun gouvernement n'a su jouer la prudence de la fourmi. Etre cigale dépensière serait aujourd'hui encore tout aussi dangereux.