COP21 : Les entreprises doivent participer

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Pour que la lutte contre le réchauffement climatique soit un succès, un accord entre les Etats à Paris ne suffira pas, il faudra aussi que les entreprises s’engagent et se transforment. Beaucoup ont pris des engagements ces jours-ci, peut-on, doit-on, leur faire confiance ?

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Vous connaissez la formule,  il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Et bien, cela vaut aussi pour les entreprises et le respect de l’environnement. Ne nous fions pas trop vite aux belles déclarations, il nous faudra aussi des preuves. En matière de climat, les entreprises sont une bonne partie du problème, elles devront donc être aussi une grosse partie de la solution. On peut rappeler que les seuls secteurs de l’énergie, de l’industrie et du bâtiment sont responsables à eux trois, de plus de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Il y a au moins trois manières de faire bouger les entreprises. La première, c’est la prise de conscience, c’est le premier degré, mais c’est important, et oui, il ne faut pas le nier, il y a eu un effet COP21, un effet d’entrainement. Beaucoup d’annonces ont été faites. Parmi elles par exemple, la signature il y a quelques jours par 39 grandes entreprises françaises mondialisées d’un manifeste pour le climat. Toutes prennent des engagements précis pour réduire leur empreinte carbone, investir dans des projets contribuant à la lutte contre le changement climatique. Autre initiative, dans la finance, par exemple, des assureurs, des banques, des fonds de gestion ont pris l’engagement de se retirer des projets ou des entreprises engagées dans le charbon. Maintenant il faudrait une sorte de comité de vérification pour s’assurer que toutes ces promesses seront bien mises en œuvre. Et qu’on n’a pas à faire à ce que nos amis anglo-saxons nomment joliment, le greenwashing, c’est-à-dire cette capacité à masquer sous un discours écolos des pratiques peu vertueuses.

La deuxième manière de faire bouger les entreprises, c’est l’innovation

Oui et là aussi, les choses bougent. Le business vert est en pleine expansion. Les Etats et les entreprises ont pris des engagements d’investissements dans la recherche et le développement. Les entreprises savent qu’elles peuvent gagner des marchés en promouvant des solutions innovantes et du coup, une course à l’innovation est lancée. Il n’y a pas une seule solution magique, mais une multitude de petites solutions qui sont autant de créneaux pour les entreprises. Un seul exemple, l’entreprise française de travaux publics, Colas, a mis en point un procédé révolutionnaire pour fixer sur les routes des panneaux solaires qui produisent de l’énergie propre. Je vous laisse imaginer le potentiel.

Et pourtant, beaucoup d’économistes disent que cela ne suffira pas

Oui, la prise de conscience des entreprises, l’innovation, c’est bien, mais il faudrait aussi des mécanismes plus contraignants, plus incitatifs. Et là les économistes se rangent, en gros, en deux camps : il y a ceux qui croient à l’efficacité d’une taxe mondiale carbone avec les risques de contournement qu’on connaît. Et puis il y a ceux qui croient davantage, comme notre prix Nobel Jean Tirole, dans un mécanisme de marché, avec un système de droits d’émission négociables. En gros, chaque pays aurait un quota, avec des permis d’émissions de carbone. En cas de dépassement, un pays devrait racheter à un autre de nouveaux permis, un peu comme un système à points. Mais pour cela, il faudrait un traité international et des sanctions en cas de fraude, rien de tout cela n’est sur la table à Paris aujourd’hui et demain. Mais il faudra très certainement y venir un jour.

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